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samedi 17 janvier 2026

Le Corps: dialogue entre Art et science (entre hybridation et metissage) (terminale spécialité)

 1- Bio-Art (Art du vivant)

"Le bio art est une nouvelle direction de l'art contemporain qui manipule les processus de vie. Le bio art utilise invariablement une ou plusieurs des approches suivantes: 1) amener de la biomatière à des formes inertes ou à des comportements spécifiques; 2) utiliser de façon inhabituelle ou subversive des outils et des processus biotechnologiques; 3) inventer ou transformer des organismes vivants avec ou sans intégration sociale ou environnementale. C'est dans cette dernière approche que le bio art révèle son vecteur le plus radical, précisément parce qu'il travaille dans le vivant - entendons le vivant dans le sens le plus ordinaire du mot, de la simple cellule au mammifère. C'est dans ce sens organique que le bio art utilise les propriétés de la vie et ses substances, change les organismes à l'intérieur de leur propre espèce ou invente de nouvelles caractéristiques de vie. Le bio art soutient des stratégies évolutionnistes qui offrent des alternatives aux notions courantes de beauté (imaginez une rose bleu turquoise à pois rose avec des épines sur les feuilles) ou de singularité (imaginez un mammifère faisant la photosynthèse). Il peut faire prendre à des produits biologiques dérivés isolés ou inertes des formes jamais vues (imaginez toute une cité nanoscopique construite à partir de molécules d'ADN et de protéines isolées) ou des fonctions (par exemple de la poésie moléculaire écrite pour le umwelt des bactéries). Le bio art intervient dans le lignage des organismes existants par des approches aléatoires (éparpillement de graines qui provoque une pollinisation croisée avec des plantes sauvages) ou avec des programmes rigoureux d'élevage/ de reproduction (reproduction en va-et-vient qui isole les caractéristiques spécifiques et crée ainsi un être distinct). Le bio art fait des mutations se produisant rarement de façon naturelle le fondement d'une pratique donnée et ainsi ébranle le statut évolutionnaire secondaire. Il peut provoquer dans des organismes des changements somatiques ou au niveau des germes ou simplement utiliser leurs propriétés de façons inattendues. En théorie, beaucoup d'oeuvres d'art biologiques peuvent durer aussi longtemps qu'il y a de la vie sur cette planète à condition qu'elles soient capables de se reproduire ou de se répliquer. Finalement, on peut envisager un futur dans lequel la synthèse atomique de la vie sera possible, c'est-à-dire la création de nouvelles formes de vie, atome par atome. On peut penser, si l'astrobiologie révèle un jour l'existence de vie en dehors de la Terre, que les possibilités qui émergeront pour l'art seront illimitées. Le bio art ne doit pas se concevoir  comme limité à ce que l'on comprend et ce que l'on sait faire aujourd'hui, il s'agit plutôt d'un principe général de création littéralement basée sur la vie." Edouardo Kac (Manifeste complet sur le site de l'artiste)

Eduardo Kac, GFP Bunny, 2000
Oeuvre transgénique créé comme une œuvre artistique revendiquée par l'artiste contemporain Eduardo Kac et produite par le généticien français Louis-Marie Houdebine.
"GFP est l’abréviation de «Green Fluorescent Protein (Proteine Verte Fluorescente)»."Alba» était une lapine albinos. Elle a été créée avec l’EGFP, une mutation synthétique du gène original fluorescent vert de type sauvage trouvé dans la méduse Aequorea Victoria. Puisque Alba n’avait pas de pigment cutané, dans des conditions environnementales ordinaires elle était complètement blanche avec des yeux roses. Elle ne devenait verte fluorescente que lorsqu’elle était éclairée par une lumière spécifique. L’art transgénique est une nouvelle forme d’art basée sur l’utilisation de l’ingénierie génétique pour transférer des gènes naturels ou synthétiques à un organisme, afin de créer des êtres vivants uniques." (source galerie Charlot)


Hubert Duprat, étuis de larves de trichoptère, 1980-2000
sculpture en or, perles et pierres précieuses, 2,5cm environ
Les larves de trichoptères construisent, pour se protéger, des structures par agglomération de matériaux. En proposant des matériaux précieux dans des élevages de larves, l'artiste utilise le vivant pour réaliser des sculptures précieuse entre Art, Joaillerie et oeuvre « acheiropoïète » (du grec « non fait de main d'homme»). (plus d'image du travail de l'artiste ici)


Art Orienté Objet, Artists Skin Cultures, 1996-97
Des fragments d'épiderme des deux artistes sont mis en culture et hybridé à des dermes de porc puis tatoués de motifs d'animaux en voie d'extinction. Le projet propose de greffer ces éléments sur l'achteur de l'oeuvre ou sur des artistes volontaire. On peux aussi citer l'oeuvre multimédia Le Manteau d'Arlequin d'ORLAN ou le Victimless Leather du Tissue Culture Project.
Le blog d'Art Orienté Objet


Marion Laval-Jeantet , Que le cheval vive en moi !, 2011  
© Art Orienté Objet, Marion Laval-Jeantet et Benoit Mangin © montage DR
Performance (vidéo de la perfomance ici)
"Marion Laval-Jeantet, déplaçant le concept de performance à une échelle moléculaire invisible, se fit injecter du sang de cheval « compatibilisé » dans les veines. Depuis le début des années 1990, le duo Art Orienté Objet, que forment Marion Laval-Jeantet et Benoit Mangin, développe des pratiques artistiques performatives qui engagent des questions politiques et environnementales, impliquant de plus en plus l’auto-expérimentation biomédicale d’un coté, ainsi qu’un travail sur le microbiote animal, de l’autre, comme nouveaux milieux dans et avec lesquels performer." (source Art Hebdo Media)




2- Corps et technologie (Post-humain, cyborg, clonage, transhumanisme...)


Stelarc, exoskeleton, 1999
Les amplifications corporelles de Stelarc sont à la frontière de l'Art et de la science. Les prothèses robotique qu'il utilise pour ses performances sont assez influencé par les recherches de l'ingénierie militaire ou médicale.
Par ce travail Stelarc cherche à définir ce que pourrait être l'homme de demain.
Le site de l'artiste 
http://stelarc.org/_.php


ORLAN, ORLANOÏDE, exposition Artistes et Robots, Grand Palais, Paris, 2018

Il s’agit d’un robot humanoïde avec le visage d’ORLAN doté d’intelligence artificielle ainsi que d’intelligence collective et sociale.




Philippe PARRENO, Anywhere out of the World, 2000
"Philippe Parreno et Pierre Huygues ont acheté tous les droits d’un personnage de manga japonais, le dessin et tous les produits dérivés. Ils en ont fait un personnage d’animation qui, ensuite, a été confié à d’autres artistes qui, à leur tour, en ont fait d’autres œuvres. Annlee est devenue ainsi une coquille collective, une nouvelle manière de pratiquer la création contemporaine par le partage non d’un matériau mais d’un être virtuel."
(source voir et dire.net)


Catherine Ikam & Louis Fléri , Quantum Portraits | Jeanne, 2016 Portrait 3D génératif et interactif, © Catherine Ikam & Louis Fléri Pionniers des arts numériques, Catherine Ikam et Louis Fléri réalisent des installations dans lesquelles les visiteurs interagissent avec des personnages virtuels. (Source sites des artistes)



3- Corps et métissage (entre héritage et modernité)

Nadin Ospina, Jefe Maori, 2014
Bronze
Concept du melting pot que l'on retrouve dans le néo-pop Art de Takashi Murakami.

Yinka Shonibare, Astronaute refugié II, 2016
(Source Artera)



Kim Soo Ja, A needle Woman, 2005
Video muete
Cette artiste coréen redéfinie la notion de performance dans ces vidéo ou elle apparait de dos, immobile en costume traditionnel coréen, dans des environnement en mutation. Cela questionne la place de la femme et des traditions dans un monde qui s'uniformise vers une hégémonie occidentale. 
(sur le site de la fondation Pinault)





mardi 26 mars 2024

Danser l'architecture (EPI Cultures Urbaines 3ème)

 Références artistiques:

Erwin Wurm, One Minute sculpture, 1997


Nadia Vadori-Gaulthier, Une minute de danse par jour, depuis 2015
http://www.uneminutededanseparjour.com/


Consigne: Réalisez une chorégraphie statique ou une sculpture humaine qui utilise l'architecture ou le mobilier urbain. Documentez votre travail par un série de 3 photos à envoyer au professeur.


dimanche 26 mai 2019

L'oeuvre de la semaine: Orlan ou le corps mis en question

Le projet fédérateur de cette année porte sur les femmes remarquables.
En arts plastiques, chaque semaine, le portrait, la vie, l'œuvre d'une artiste, peintre, sculpteur, plasticienne, architecte...
Présenté en debut d'heure, l'article sera l'occasion d'aborder des questions actuelles portant sur l'égalité, la tolérance et le mieux vivre ensemble.



Orlan est une plasticienne française née en 1947 dont le travail questionne notre rapport au corps.
Elle est rattachée au mouvement de l'Art corporel (Body Art).
"Dès les années 1960 et 1970, Orlan interroge le statut du corps et les pressions politiques, religieuses, sociales qui s'y inscrivent. Son travail dénonce la violence faite aux corps et en particulier aux corps des femmes, et s'engage ainsi dans un combat féministe." (Source wikipedia)
Ses premiers travaux sont des mises en scène photographiques mais l'artiste viens rapidement à utiliser la performance dans des oeuvres parfois provocatrices comme le baiser de l'artiste (1977).
En 1993 elle commence à intervenir sur son propre corps comme une sculpture par des interventions chirurgicales à répétition qui questionnent l'idéal de beauté féminin et artistique et qui trouve son explication dans le manifeste de l'Art charnel. Elle se fait notamment placer deux implants sous-cutanés au niveau des tempes.
Plus tard avec ses hybridations, oeuvres d'art numérique, elle mixe son visage avec images issues de cultures non occidentales (Afrique, Asie...).
Récemment son travail se tourne vers les biotechnologies

Le baiser de l'artiste, 1977, performance à la Fiac de Paris

Serie des self-hybridations,oeuvres numériques



Shifting Dress Code, 2011, impression 3D, travail en volume de l'artiste autour du drapé baroque







mardi 12 mars 2019

Décès de l'artiste Carolee Schneemann (article du Figaro)

DISPARITION - Légende du Body Art et du Political Art, cette Américaine fut l'emblème sauvage des années 1970 lorsque l'art chercha à s'émanciper de tout. Elle est morte le 6 mars à 79 ans chez elle, laissant dans son sillage l'empreinte indélébile et enviée d'une «artiste chère aux artistes». 
«Chère Carolee, ta présence me manque beaucoup. Ton irrévérence, qui partait à l'attaque de tout vent dominant. Tu t'es rebellée contre la guerre du Vietnam. Tu t'es rebellée pour les droits des femmes au Moyen-Orient et partout ailleurs. Tu étais une féministe avec un petit “f” et un grand “F”...». Voilà une oraison funèbre peu ordinaire. C'est Yoko Ono, elle-même, 86 ans, qui fait l'éloge sur son compte Twitter le 8 mars dernier, journée internationale des femmes, de sa cadette, Carolee Schneemann .
«Eye Body #11», Carolee Schneemann, 1963, silver gelatin print. Photo credit: Erró (35.6 x 27.9 cm).
Ses performances ultraphysiques, son érotisme musclé ont marqué l'histoire du Body Art et du Political Art (Viet-Flakes, 1965, film qui survole les coupures de presse comme vues d'un cockpit). Elles continuent de sidérer, des décennies plus tard, par leur audace provocatrice, leur extrémisme et leur volonté farouche de s'exprimer, coûte que coûte.



mardi 5 mars 2019

L'oeuvre de la semaine: La danseuse Loïe Fuller par Artips

"Elle se transformait devant les yeux du public en mille images colorées. Spectacle incroyable ! Impossible à décrire, à imiter !"Isadora Duncan
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Bonjour J,

Aujourd'hui : "Elle a le bras long"

Où l’on fait la connaissance d’un papillon qui ne tient pas en place.
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Koloman Moser, La Danse de "L'Archange" par Loïe Fuller, 1902, encre de chine et aquarelles sur papier, 15 x 21 cm, Albertina, Vienne
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De grandes ailes jaunes sur un fond sombre… À première vue, il s’agirait presque d’un joli papillon. Mais à y regarder de plus près, on remarque un petit visage de femme.

Les ailes deviennent des bras démesurément longs ! Le peintre Koloman Moser se serait-il laissé emporter par son imagination ?
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Loïe Fuller, 1901, photographie
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Pas du tout ! Cette dame papillon a réellement existé : il s’agit de la danseuse américaine Loïe Fuller.

En 1900, c’est une véritable star à Paris. Elle invente des costumes de scène aux très longues manches, qu’elle fait tournoyer à l’aide de deux grands bâtons.
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Samuel Joshua Beckett, Loïe Fuller, vers 1900, photographie, 10 x 13 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York
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Lorsqu’elle danse, l'effet est hypnotisant : "devant nos yeux, elle se métamorphosait en orchidées multicolores, en fleurs de mer ondoyantes, en lys qui s’élevaient comme des spirales", raconte son élève Isadora Duncan.
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Henri de Toulouse-Lautrec, Miss Loïe Fuller, vers 1893, lithographie, 37 x 26 cm, Brooklyn Museum, New York
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Les artistes sont complètement fascinés par ces chorégraphies qui donnent le tournis. Les voilà qui tentent une mission impossible : suggérer ce mouvement à partir d’une image fixe, que ce soit un dessin, une photographie, une affiche ou même une statuette.

Moser, comme les autres, essaie de capturer sur le papier ces danses tournoyantes. Il n’a donc pas inventé ces grandes "ailes". Quant à la couleur jaune, elle ne vient pas non plus de son imagination…
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Jean de Paleologu, Affiche d'un spectacle de Loïe Fuller aux Folies Bergères, 1894
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En effet, Fuller conçoit des mises en scène à la pointe de la modernité. Elle utilise une invention très récente : l’éclairage électrique.
De puissantes lumières colorées transforment le tissu blanc de son costume.

Et pour ne pas se faire piquer ses idées par la concurrence, la danseuse les fait soigneusement breveter !
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Georges Demenÿ, La danse serpentine, vers 1897, film coloré
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Difficile aujourd’hui de se rendre compte de l’effet que produisait sa danse si révolutionnaire. Il reste heureusement un petit film coloré à la main qui est parvenu, juste quelques instants, à la capturer…

lundi 4 février 2019

L'oeuvre de la semaine: Gina Pane




Le projet fédérateur de cette année porte sur les femmes remarquables.
En arts plastiques, chaque semaine, le portrait, la vie, l'œuvre d'une artiste, peintre, sculpteur, plasticienne, architecte...
Présenté en debut d'heure, l'article sera l'occasion d'aborder des questions actuelles portant sur l'égalité, la tolérance et le mieux vivre ensemble.

Gina Pane (1939-1990) est une artiste française. Elle est l'une des représentantes majeures de l'Art Corporel (Body Art en anglais). Dans ce mouvement artistique les artistes utilisent leurs corps comme matière ou outil de l'oeuvre. Lorsque les œuvres sont réalisées en directe on les appellent actions ou performances.
Gina Pane explore les limites du corps et de la position de voyeur du spectateur dans des actions parfois spectaculaires où la douleur de l’artiste est au centre de la réflexion. Dans escalade non anesthésiée, par exemple, elle critique la difficultés des femmes à gravir l'échelle sociale en grimpant sur une échelle de sa fabrication dont les barreaux sont couvert de verre pillé.
Mais elle réalise aussi des actions plus poétique, comme enterrer un rayon de soleil. De cet art éphémère il ne reste que des photographies et des dessins préparatoire. par d'oeuvre à vendre ou à exposer. C'est une tentative d'échapper au marché de l'Art et à ses spéculateurs.


Gina Pane, Escalade non anesthésiée, avril 1971, atelier de l'artiste, Paris


Gina Pane, action sentimentale, 1973


 
Gina Pane, Enfoncement d'un rayon de soleil, 1969


   

lundi 17 décembre 2018

Le dessin de presse de la semaine

Urtikan.net

Voici les derniers dessins publiés

Seins nus contre uniforme: la Marianne des Gilets jaunes

par Deligne le 16 Dec 2018
Les Champs-Élysées sont devenus samedi le théâtre d’une performance de l’artiste Déborah de Robertis lorsque ses 5 «Mariannes» en vestes rouges laissant entrevoir leurs poitrines dénudées ont fait leur apparition lors de la manifestation des Gilets jaunes. Les demoiselles se sont ensuite alignées face aux gendarmes en les fixant inlassablement des yeux. Cet instant a été immortalisé par des photographes qui se sont rués pour faire des photos.
Dessin de Deligne pour Urtikan.net
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