Le pigment rose, autrefois rare et coûteux, a connu une évolution majeure grâce à la découverte de nouveaux colorants au XIXe siècle, comme le rose de quinacridone ou le rose de cadmium. À la Renaissance, le rose était souvent obtenu en mélangeant du rouge (comme le carmin) et du blanc, ce qui le rendait fragile et peu stable. Dans l’Art, le rose symbolise traditionnellement la douceur, l’amour et la féminité, mais il a aussi été utilisé pour évoquer la spiritualité (comme dans les fresques médiévales) ou la subversion (avec les œuvres pop art d’Andy Warhol ou les performances de Yoko Ono). Aujourd’hui, le rose est une couleur polyvalente, tantôt tendresse, tantôt provocation.
Critères de notations:
- Travail sur la couleur
- Plasticité
- Originalité
Références artistiques:
Raoul Dufy, 30 ans ou la vie en rose, 1931
Pablo Picasso, Les demoiselles d'Avignon, 1907 Moma New-York
Sandro Botticelli, Venus et Mars, 1483
Jean-Honoré Fragonard, L’Escarpolette, 1767 Peinture à l’huile – France – Wallace Collection, Londres
Mary Cassatt , La Toilette,1893 Peinture à l’huile – États-Unis – Musée d’Art moderne, Paris
La symbolique de la couleur dans les fresques antiques et médiévales Dans les fresques de Pompéi ou les œuvres de Cimabue, la couleur n’était pas seulement esthétique, mais porteuse de sens. À Pompéi, le rouge (souvent à base de cinabre) symbolisait la puissance et la richesse, tandis que le bleu, plus rare et coûteux, était associé au divin et au ciel. Au Moyen Âge, Cimabue et les peintres de fresques religieuses utilisaient l’or pour évoquer la lumière divine, le bleu outremer pour le manteau de la Vierge, et le rouge pour le sang du Christ. Ces choix n’étaient pas arbitraires : ils reflétaient des codes culturels et religieux, et servaient à guider la lecture spirituelle de l’image.
Cimabue, La Vierge et l'Enfant en majesté entourés de six anges (Maestà), XIIIième siècle Musée de Louvre
Le ton local Le ton local désigne la couleur réelle et objective d’un objet, telle qu’on la perçoit sous une lumière neutre, sans influence des ombres ou des reflets. En peinture, il s’agit de la teinte de base qui caractérise un sujet (par exemple, le vert d’une pomme ou le bleu d’un ciel). Les artistes classiques, comme les peintres de la Renaissance, utilisaient souvent le ton local pour créer des représentations réalistes.
Joseph Vernet, La ville et la rade de Toulon, 1756 Huile sur toile, 1,63 x 2,63 m Louvre
face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue sans cadre
L’impressionnisme et la couleur L’impressionnisme, mouvement artistique né à la fin du XIXe siècle, a révolutionné l’usage de la couleur. Des artistes comme Monet ou Renoir ont abandonné les contours nets et les tons locaux pour privilégier les effets de lumière et les impressions visuelles. Ils peignaient par touches rapides et superposées, utilisant des couleurs pures et complémentaires pour capturer la vibrance et les changements de lumière. Leur approche montrait que la couleur n’était pas fixe, mais dépendait de la perception et du moment.
Le contraste Le contraste est un outil puissant en peinture pour créer du dynamisme et attirer l’attention. Il peut être chromatique (opposition de couleurs complémentaires, comme le rouge et le vert), ou tonal (opposition de clair et de foncé). Les artistes comme Van Gogh ou les fauves ont exploité les contrastes vifs pour exprimer des émotions intenses. Le contraste permet aussi de structurer une composition, en guidant le regard vers les éléments les plus importants.
Henri Matisse, fenêtre ouverte à Collioure, 1905
Othon Friesz, Paysage de La Ciotat,1907
La saturation La saturation désigne l’intensité ou la pureté d’une couleur : une couleur très saturée est vive et éclatante, tandis qu’une couleur désaturée apparaît terne ou grisée. En peinture, varier la saturation permet de créer des hiérarchies visuelles ou des atmosphères particulières. Par exemple, une scène de coucher de soleil peut utiliser des couleurs très saturées pour évoquer la chaleur, tandis qu’un paysage brumeux jouera sur des tons désaturés pour suggérer la distance ou la mélancolie.
André Derain, L'Estaque (Marseille), 1905
Henri-Charles Manguin, matin à Cavalière (Var), 1905
Le fauvisme est caractérisé par la systématisation de formes simplifiées, cloisonnées par des contours très marqués, et l'audace dans les recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs pures et vives, et ils revendiquent un art fondé sur l'émotion. (Source Wikipédia)
Vassily Kandinsy, La vache, 1910
Vassilly Kandinsky, Sans titre, 1910 Première œuvre abstraite revendiquée comme tel de l'histoire de la peinture
Le monochrome est une approche artistique qui utilise une seule couleur ou une gamme très restreinte de teintes. Cette technique permet de se concentrer sur la forme, la texture, la lumière et la composition, sans la distraction des contrastes chromatiques. Dans l’histoire de l’art, le monochrome peut évoquer la simplicité, la spiritualité ou une recherche de pureté visuelle. Des artistes modernes comme Malevitch ou Klein ont poussé cette exploration à son paroxysme, mais déjà dans l’Antiquité, certaines fresques ou céramiques jouaient sur des nuances d’une seule couleur pour créer des effets de profondeur ou de rythme.
Dans la peinture abstraite, la couleur devient un langage autonome, libérée de la représentation du réel. Des artistes comme Kandinsky, Rothko ou Soulages ont exploré la capacité de la couleur à exprimer des émotions, des énergies ou des idées pures. Pour Kandinsky, chaque teinte avait une résonance spirituelle et musicale, tandis que Rothko utilisait de vastes aplats colorés pour créer des expériences contemplatives, invitant le spectateur à plonger dans une émotion intime. Ici, la couleur ne décrit plus, elle agit : elle peut apaiser, troubler, ou même provoquer une réaction physique. L’abstraction permet ainsi à la couleur de révéler toute sa puissance expressive, indépendamment de toute forme reconnaissable.
Joan Mitchell, La GRande Vallée XIV, 1983
Sonia Delauney, Prisme éléctrique, 1914
Sophie Taeuber-Arp, Composition Horizontale, Verticale, 1916
" Les procédés de fabrication de la peinture ont évolué au fil du temps et des connaissances en chimie notamment.
Avant d’en donner un bref aperçu, commençons par ce qui compose toutes les peintures : – des pigments, d’origine biologique ou minérale, broyés sous forme de poudre. – un liant (eau ou huile) pour obtenir une pâte plus ou moins fluide, plus ou moins grasse. – enfin, des additifs peuvent être ajoutés pour créer des effets de brillance, de fluorescence, de souplesse etc." (source Kidisciences)
La pierre de Lapis-Lazulis est broyée en poudre pour faire du pigment bleu
Le bleu est peu employé dans l'antiquité, sauf en Egypte, mais deviens très présent dans l'Art du moyen-âge pour exprimer la lumière divine par opposition `la lumière terrestre blanche. De plus c'est un pigment très cher qui permet de montrer la puissance financière du commanditaire de l'œuvre.
Au XXème siècle certains artistes vont travailler uniquement avec des nuances de bleu pour ses qualité expressives; On appelle cela un camaïeu.
Claude Monet, Falaise à Pourville, pluie, 1896, huile sur toile, collection particulière
Pablo Picasso, Le vieux juif, 1903
René Magritte, L'envol, XXème siècle, huile sur toile
Jacques Monory, peinture sentimentale n°8, 2010
Joan Mitchell, Les Bluets (1973)
Zaria Forman, Whale Bay, Antarctica no.4 (In progress), 2016, pastel sur papier
Deux cours de Madame Perez sur le bleu dans l'art qui ont servi à l'élaboration de cet article.