dimanche 3 mai 2026

Le sublime et le pittoresque

1. Le sublime : l’émotion face à l’infini et à la puissance

Le sublime, concept théorisé au XVIIIe siècle par les philosophes Edmund Burke et Emmanuel Kant, désigne une expérience esthétique qui dépasse la simple beauté : il suscite terreur, admiration ou vertige face à l’immensité, à la puissance ou à l’inconnu. En art, il se manifeste par des paysages grandioses, des scènes dramatiques ou des sujets qui évoquent l’infini (tempêtes, montagnes, océans déchaînés). Par exemple, les peintures de Caspar David Friedrich, comme Le Voyageur contemplant une mer de nuages, illustrent cette quête de transcendance, où l’homme, minuscule, est confronté à la nature démesurée.

Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages,1818,
Kunsthalle Hamburg.

Turner, Tempête de neige en mer 1842

Hans Gude, Hautes terres norvégiennes au lever du soleil, 1854


2. Le pittoresque : le charme du détail et de l’irrégulier

Le pittoresque, issu du terme italien pittoresco (qui peut être peint), valorise la beauté des scènes variées, asymétriques et pleines de détails évocateurs. Contrairement au sublime, il ne cherche pas à impressionner par la grandeur, mais à séduire par la diversité, la singularité ou l’anecdote. Les ruines, les villages, les paysages ruraux ou les scènes de genre en sont des exemples. Les aquarelles de John Robert Cozens ou les gravures de Piranesi captent cette esthétique, où l’œil est attiré par la richesse des formes et des couleurs, sans recherche de transcendance.


William Marlow (1740-1813), Avignon, le pont Saint-Bénézet,
huile sur toile, 37 
54 cm

Hubert Robert, Ruines d’une terrasse dans le parc de Marly, 1783

Piranesi, vue du temple de la concorde, Rome, 1774


3. Sublime et pittoresque : Labourage nivernais et Vue du port de Toulon depuis le mont Faron

Dans Labourage nivernais (1849), Rosa Bonheur transforme une scène rurale en une allégorie de la puissance et de l’harmonie entre l’homme et la nature. La composition monumentale, les bœufs imposants et la lumière dorée qui baigne la plaine évoquent une forme de sublime terrestre : l’artiste célèbre la grandeur du travail agricole, presque mythique, et suscite une émotion proche de l’admiration devant l’effort humain et la nature domptée. Rosa Bonheur bonheur, par un tour de force magistral lié au format et à la puissance des figures, sort la peinture animalière de sa condition charmante et pittoresque.

Rosa Bonheur, labourage Nivernais

Nathalie Micas, couple de lapins


À l’inverse, malgré le format imposant de l'oeuvre, Vue du port de Toulon depuis le mont Faron (1854) d’Horace Vernet relève du pittoresque par son attention aux détails topographiques et à la diversité des éléments du paysage. Le port, les navires, les fortifications et la végétation sont rendus avec une précision qui invite à une contemplation presque ludique, où l’œil se plaît à découvrir la richesse des formes et des activités humaines. Mais Vernet peindra le sublime dans ses scène de naufrage qui feront son succès.

Joseph Vernet, naufrage, 1759



Ainsi, Bonheur élève le quotidien vers l’universel, tandis que Vernet capture la singularité charmante d’un lieu et d’un moment.

samedi 2 mai 2026

Jeu point bonus du 2 au 8 mai 2026

      Si vous trouvez la réponse à cette énigme avant vendredi prochain, vous gagnez un point bonus.

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Quel pays est mis à l'honneur dans la nouvelle exposition de l'Era del Raser d'Ordino ? 



lundi 27 avril 2026

Noir c'est Noir

  Incitation: Noir c'est noir !


Critères de notations:

- Travail sur la couleur

- Plasticité

- Originalité

Références artistiques:


Rembrandt, La Leçon d'anatomie du docteur Tulp, 1963 
huile sur toile, 169,5 × 216,5 cm

Léonard De VinciSaint Jean-Baptiste, 1513-1516, 69x57 cm, huile sur bois, musée du Louvre

Henri MatissePorte fenêtre à Collioure, 1914



Kasimir MalevitchCarré noir sur fond blanc, 1915



Jackson Pollock, Lavender Mist n*1, 1950


Ad ReinhardtUltimat painting serie, 1960-67



Pablo Picasso, Guernica, 1936


Art SpiegelmanPrisoner on the hell planet est un court récit de 1972
Sur différents styles de BD lire l'article en lien


Andy Warhol, Mona Lisa, XXème siècle





Pochoir de MIss Tic, Paris



Multitude de tags et inscriptions


Laurence Weiner


Man Ray, Noire et blanche, 1926



dimanche 26 avril 2026

Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre (spécialité terminal)

 Domaines du champ des questionnements plasticiens

Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre :

  • L’idée, la réalisation et le travail de l’œuvre. Projet de l’œuvre : modalités et moyens du passage du projet à la production artistique, diversité des approches


La réalisation d'une oeuvre d'Art peut-être complètement spontanée ou préparée en amont. Et même lorsqu'elle semble spontanée, elle met en jeu les apprentissages techniques et théoriques antérieurs. 
Dans le domaine pictural on procède souvent par étapes, comme on peux le voir avec les différentes recherches de Léonard De Vinci pour La Sainte Anne, La Vierge et l'Enfant Jesus (1503-1519).
D'une façon générale les oeuvres de Léonard De Vinci sont basées sur un énorme travail de recherche en amont, dont il nous reste des traces dans ses carnets de croquis. Certains spécialistes pensent même que les différentes versions existantes attribuées à ses élèves pourraient être des prototypes plutôt de des copies.
Ce cours peux faire suite au travail réalisé sur les différentes approches du dessin d'observation (esquisses, croquis, ébauches, schémas...).

Léonard De Vinci, Étude de composition pour la Sainte Anne, v.1500 ou v.1505-1508,
Londres, 
British Museum
De Vinci expérimente une nouvelle approche dans ses carnets, où la forme surgit d'un griffonnage très libre, proche du dessin automatique des surréalistes, et qui s'appuie sur l'observation des nuages ou des taches sur un mur. "Cette liberté, Léonard lui-même l’avait théorisée par la notion de « componimento inculto », dont Daniel Arasse, en son temps, avait souligné l’importance. Cette « composition inculte » est un processus de recherche informelle dont de nombreux dessins nous fournissent l’exemple : une même figure présente diverses attitudes superposées, les membres se multiplient en gestes différents. L’artiste cherche le bon mouvement, l’expression la plus juste de l’idée, à travers des propositions graphiques elles-mêmes en mouvement, qui rappellent étrangement certains maîtres modernes. Or, c’est dès la fin des années 1470, dès la première période florentine, donc, que Léonard abandonne le type de dessin précis et méticuleux propre à ses prédécesseurs et contemporains, pour se livrer à ce genre de recherches « incultes » et broussailleuses." (Sources connaissance des arts)


Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant jouant avec un agneauXVIe siècle, collection particulière.

Étude pour sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus, 1501, Parismusée du Louvredépartement des arts graphiques


Étude pour la tête de sainte Anne, vers 1502-1503, Royaume-Unichâteau de Windsor,
De Vinci va aussi se concentrer sur certains détails comme les visages, les drapés mais aussi l'arrière plan qui s'inspire de paysage réel. Les tableaux de l'Artiste sont uns sorte de synthèse de ses connaissances et de ses recherches du moment en anatomie, optique, géologie, botanique...


Étude pour le drapé de la Vierge, vers 1507-1510, 
Parisdépartement des arts graphiques du musée du Louvre


Études de paysages, vers 1508-1511, château de Windsor

Carton de Burlington House, entre 1499 et début 1501 ou entre 1506 et 1513, 
LondresNational Gallery,


Léonard De Vinci, Sainte Anne, La vierge et l'enfant Jésus, 1503-1519



Nous savons aussi que Nicolas Poussin réalisait des figurines en cires pour travailler l'éclairage de ses tableaux.

Figurine en cire, atelier de Nicolas Poussin

Nicolas Poussin, Le Triomphe de Pan, 1635-1636







Parfois l'artiste fait des croquis et des études avant d'avoir un projet en tête. Cela lui servira de réserve d'images dans laquelle il pourra piocher pour des nombreux projets parfois longtemps après. On retrouve ce type de démarches dans les carnet de voyages d'Eugènes Delacroix ou les études de Rosa Bonheur.

Carnet de voyage au Maroc d'Eugène Delacoix

Joseph Vernet, étude de bateaux


Rosa Bonheur, vingts études d'après des Renards


Rosa Bonheur, étude de Lionne


Collage d'Oldenburg



Avec le dévellopement du marché de l'Art, les collectionneur vont s'intéresser à ces production qui restaient habituellement du domaine de l'atelier. Certains artistes vont donc commencer à partir de la moitié du XXème sécle à y mettre un soin artistique particulier, et à l'intégrer même au processus créatif. 
Le cas de Jeanne Claude et Christo est interessant en ce que ces études préparatoires sont vendues pour financer la réalisation du projet monumental.
Chez les artistes conceptuel, c'est le projet même, l'idée, qui fait oeuvre, dans la ligne directe du Ready-Made inventé par Marcel Duchamp. On vends donc un protocole, plus ou moins détaillé, qui sera à charge de réalisation de l'acheteur. 


Christo, « The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris) », 1985
Mine graphite, pastel, fusain, crayon à la cire, impressions à l’encre et colle sur papier contrecollé sur carton, diptyque : 38 × 244 cm et 106,6 × 244 cm
© Centre Pompidou / photo : Ph. Migeat




Sol Lewitt, Protocole pour un Wall Drawing
(Source)



Robert Mooris, Card File (fichier), 1962
(Source)




Sources:














Orange éléctrique

   Incitation: Orange éléctrique 


Critères de notations:

- Travail sur la couleur

- Plasticité

- Originalité

Références artistiques:

Une reconstitution numérique d'une des parois de Marsoulas. - Carole Fritz
Art Parietal
(Source)


Nicolas Fouché, Pomona, 1700


Dante Gabriel Rossetti, A vision of Fiammetta, 1878,
Collection privée


Frederic Leighton, Flaming June 1896


Andrey PingachevCrépuscule du soir, 2021
Huile sur toile, 61 76.5 cm


Claud Monet, Le passage sous l'arche des roses, Giverny, XIXème
Huile sur toile 

Edvard Munch, Le cri, 1883

Vincent Van Gogh, Les tournesols, 1886

Paul Gaugin, Nature morte aux oranges, 1881



Les publicité Hermès ont fait le choix de mettre toujours en avant l'Orange, couleur de la marque

AlliasFutur, 2022
Peinture numérique sur toile, 40 x 40 cm

Sophie Calle, Diète chromatique, 1997





Ann Veronica Janssens, yellowbluepink, 2015
Brouillard artificiel et lumière





Sources:

https://www.artmajeur.com/fr/magazine/5-histoire-de-l-art/l-orange-dans-l-art/331846

https://perfectpicturelights.com/blog/pure-orange-bright-energy-the-history-of-color-orange-in-art?srsltid=AfmBOoomltGdukJ3t4cF-B4H3auAbe3ObXTrZfNLdvCkoqbFitFzfkm1