vendredi 17 juin 2022

Actualités du café pédagogique: Expos, films, livres...

 

L’expo de la semaine : Chris Ware

La Bibliothèque publique d’information du  Centre Pompidou, consacre, jusqu’au 10 octobre 2022,  une exposition à l’auteur de bande dessinée, Chris Ware. Plus de 120 planches originales, objets, cahiers de croquis et de notes préparatoires retracent le parcours de son œuvre d’une inventivité exceptionnelle, déjà distinguée par de nombreux prix internationaux.  Ses dessins minutieux, emplis de détails, racontent la vie quotidienne, des histoires mélancoliques et facétieuses qui donnent au 9ème art une dimension inédite. Ils révèlent aussi l’acuité de son regard sur la société américaine et le monde contemporain. La BPI propose aux groupes scolaires des créneaux spécifiques, pour découvrir l’exposition le matin, quand l’espace est fermé au public.

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Le film de la semaine : « Incroyable mais vrai » de Quentin Dupieux

Dès ses débuts dans le cinéma en 2001 avec « Nofilm » (son premier long métrage au titre prometteur, un tournage se poursuivant sans acteurs ni camera ou presque), Quentin Dupieux, compositeur de musique électronique, scénariste, monteur et réalisateur, impose une singularité et un comique de l’absurde, souvent désopilant, résistant à toute classification… Depuis, des compositions incongrues entre les choses, les bêtes et les hommes fixent à chaque fiction notre attention en un rien de temps, jusqu’à l’irruption d’une mouche géante trouvée dans le coffre de leur voiture par deux potes en manque de perspectives [« Mandibule », 2020]. Imprégnée par les films d’horreur de son enfance, l’imagination débordante de Dupieux puise, consciemment ou non, dans les univers littéraires de Lewis Carroll ou de Samuel Beckett, et les formes cinématographiques de Luis Bunuel, de Bertrand Blier ou des frères Coen. Des influences souterraines  tant nous pénétrons avec avidité dans chaque nouvelle création, happés par une atmosphère mêlée d’inquiétante étrangeté et de banalité ordinaire. « Incroyable mais vrai » cependant invente encore à partir d’un argument d’une simplicité enfantine : ‘Alain et Marie emménagent dans un pavillon. Une trappe située dans la cave va bouleverser leur existence…’. 

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Elsa Bouteville, son musée scolaire pour la paix et ses guides...

Un musée pour la paix, pour rappeler à quel point elle est fragile. Un musée pour dire haut et fort ce qui nous unit … C’est ce que nous propose la classe de CM1/CM2 de l’école élémentaire Joliot Curie située dans le quartier de la Terre Plate à Bagneux. Un quartier qui a beaucoup fait parler de lui en 2006. Il fut le théâtre de l’infamie, de la séquestration, la torture et la mise à mort du jeune Ilan Halimi. Pourtant, ce quartier, ce n’est pas le gang des barbares, c’est un quartier populaire comme tant d’autres en France. Pour Elsa Bouteville, l’enseignante de la classe, il était important que les élèves se saisissent de ce drame pour comprendre les ressorts des préjugés.

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L’expo de la semaine : « Monnaies & Merveilles »

La Monnaie de Paris consacre une exposition à l’infinie variété des formes, matières et usages de la monnaie. Le public est invité à s’interroger sur les pratiques et les croyances attachées aux usages monétaires à travers le monde. Les 200 pièces qui constituent l’exposition « Monnaies et Merveilles » offrent un surprenant voyage à la découverte des secrets des monnaies, des cultures et des civilisations du monde. Elles mettent aussi particulièrement en valeur la force de ses dimensions symboliques et rituelles. Un parcours-jeu est prévu pour les jeunes visiteurs. Visites autonomes et visites guidées sont proposées aux écoliers, collégiens et lycéens.

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Sarah Carlier et Romain Saunal : La BD pour comprendre la démocratie athénienne

"Ca nous intéresse d'être dans un esprit de recherche permanente et de voir comment on peut traiter le programme d'une autre façon". Tous deux professeurs en collège, Sarah Carlier (collège Badinter, La Couronne ) et Romain Saunal (collège Michelet Angoulême) proposent en 6ème une découverte de l'assemblée athénienne à travers la bande dessinée. Une approche originale qui vise la coopération et l'intégration de tous les élèves..
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Jean Leveugle : Curiosités géographiques

Que se passe t-il quand un dessinateur de BD facétieux est aussi géographe ? Il joue avec la carte pour montrer à quel point elle n'est que représentation. Jean Leveugle le fait avec un talent rare. Il reprend 5 éléments de base de la cartographie pour jouer avec eux. Ainsi il s'amuse avec les projections, nous faisant réfléchir à ce qu'elles représentent. Plus original, il joue aussi avec les échelles, les couleurs, les données et les niveaux. L'ouvrage regroupe une centaine de cartes amusantes mais aussi impertinentes, absurdes mais toujours sérieuses.

Jean Leveugle, Curiosités cartographiques. Cartes (pas si) absurdes et (un peu) bizarres. Editions Autrement. ISBN 978-2-7467-6276-3. 19.90€

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Lire de tout son corps ?

Professeure de lettres au collège Henri Bordeaux à Cognin, Stéphanie Lokoli partage une progression pour travailler la lecture expressive en 5ème et faire prendre conscience aux élèves de l’importance du corps dans la mise en voix des textes. Exemple de module mis en place : face à un grand miroir, un élève lit en se confrontant à son image, un autre élève filme avec une tablette, les autres élèves sont de dos, en position d’écoute et / ou d’évaluateurs, des parcours différenciés sont alors proposés. « Outre la question des gestes intrusifs, qui sont évidemment inacceptables, l’usage de la vidéo doit être menée avec parcimonie. Partant du principe que toute situation susceptible de mettre les élèves en délicatesse est à éviter, et de l’idée que l’acceptation d’un élève peut être contrainte (par la présence du groupe, par le rapport professeur-élève), il convient donc de proposer des parcours différenciés de façon à permettre à chacun de s’emparer du travail sur sa propre image. »

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La "pédagothèque" d'Animation & Education

"Fruit d'expériences de terrain, d'expérimentations ou résultats de recherches,nombre de ces livres entendent permettre aux enseignants de dépasser des obstacles professionnels, d'appréhender d'autres démarches pédagogiques, d'approfondir pour mieux cerner tel ou tel sujet dans le but de favoriser l'apprentissage de tous les élèves". Animation & éducation (n°288), la revue de l'OCCE, publie un dossier regroupant les fiches de lecture d'uen quarantaine d'ouvrages de pédagogie. Il est question de Freinet, de F Oury, de F Buisson, de Deligny, de S Connac, d'E Prairat etc.

Animation & Education n°288

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"Les secrets de mon père", un film sur la Shoah présenté à Cannes

Présenté à Cannes, "Les secrets de mon père" est un film d'animation destiné aux enfants et aux adultes. " Il retrace, à travers les yeux de Michel, son histoire personnelle et en particulier ses relations avec son père Henri, rescapé d'Auschwitz.  À 20 ans, unique survivant de sa famille, Henri Kichka, revenu en Belgique, dans la petite ville de Seraing près de Liège, ouvre une boutique de vêtements avec sa femme Lucia. Ils ont deux filles et deux garçons.D'abord mutique sur son passé, alors que ses enfants et en particulier Michel, toujours escorté de son petit frère Charly, cherchent à percer les secrets de cet étrange "numéro de téléphone" sur son bras, Henri, à la suite du procès Eichmann à Jérusalem en 1961, délaisse sa famille pour témoigner infatigablement et devenir une sorte de "héros" de la Shoah...", écrit le Mémorial de la Shoah. Il sortira en salle en septembre.

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A la découverte des robots antiques

Un voyage entre mythe et science, entre antiquité et anticipation, entre littérature et technologie, voilà ce que propose Annie Collognat via une riche conférence en ligne : « Dans l'atelier d'Héphaïstos : l'invention des robots dans l'Antiquité ». Dieu grec du Feu, maître des arts de la forge et du travail des métaux. Héphaïstos y apparait comme le père des robots et de la robotique. A découvrir ou redécouvrir : les tripodes automobiles, les servantes en or du divin boiteux, Pandora, la « vierge modelée », la (sou)coupe volante du soleil, Talos, Dédale, le théâtre automatique animé,  l’éolipile … Articulée à l'objet d'étude « Inventer, créer, fabriquer, produire » du programme de Terminale de LCA, la conférence est riche de ressources exploitables dans bien des niveaux et domaines.

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Bruno Devauchelle : Numérique et culture à l'école

Les arts, tous les arts, sont de plus en plus concernés par le développement du numérique. Comment s'établit cette rencontre qui est aussi celle de deux ministères ? Quelle place pour le numérique dans les arts ? Et quelle place pour les arts numériques à l'Ecole ?

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lundi 23 mai 2022

Décès de l'artiste Miss Tic

 


Le monde de l'Art apprends avec tristesse le décès de l'Artiste Miss Tic, pochoiriste pionnière du Street Art, Poète et féministe, à l'âge de 66 ans.

 






dimanche 22 mai 2022

Jeu point bonus

  Si vous trouvez la réponse à cette énigme avant vendredi prochain, vous gagnez un point bonus sur le prochain travail.

Laissez votre réponse en commentaire de ce poste avec votre prénom, la premier lettre de votre nom et votre classe (exemplePablo P. 6H).Tous les commentaires et la réponse seront publiés vendredi prochain.

Quelle est le thème de l’exposition visible à la gallerie Riberaygua dans le cadre du festival audiovisuel Ull-Nu ?



vendredi 13 mai 2022

Jeu Point Bonus

 Si vous trouvez la réponse à cette énigme avant vendredi prochain, vous gagnez un point bonus sur le prochain travail.

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Quelle est la date de la nuit des musées 2022 ?




mercredi 11 mai 2022

Actualités du café pédagogique: Freinet, Expo Picasso...

 

L'enfant créateur dans Le Nouvel éducateur

"C'est dans l'ADN de la pédagogie Freinet, au même titre que le tâtonnement expérimental, la coopération etc. : nous considérons que l'enfant est créateur". Le numéro 257 du Nouvel éducateur, la revue de l'ICEM, ne fait pas que parler de la création. Il donne de nombreux exemples de création dans les classes Freinet. Impossible de les citer tous. Mais Henry Landroit parle de peindre " à la manière de" pour apprécier les artistes. Françoise Dor évoque la création théâtrale en maternelle. Nolwenn Pedrono évoque le spectacle vivant en EPS au collège. Marlène Pineau revient sur un imprévu cette fois en BTS. Freinet est présent partout !

Le Nouvel éducateur n°257

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A quelles conditions diffuser un film en classe ?

La Lettre d'information juridique du ministère (n°219) revient sur les conditions de diffusion d'un film en classe à partir d'un fait divers : la plainte de parents devant le tribunal administratif de Lyon. Ces parents se sont plaints que leur fille, élève de 4ème, ait vu le film "Le Cercle" en cours de français. Ils ont demandé réparation du préjudice qu'aurait subi leur fille. Le tribunal a tenu compte de la limite d'âge du visa d'exploitation et de l'accompagnement pédagogique mis en place par l'enseignant. "Sans se prononcer sur l’opportunité de ce choix pédagogique, il a estimé que l’accompagnement et le travail de mise en perspective de l’enseignant avaient permis de donner aux élèves les clefs d’analyse critique et distanciée de l’œuvre projetée, qui s’inscrivait ainsi dans le cadre des programmes. En outre, aucun autre élève n’ayant manifesté d’état émotionnel particulier, les juges en ont déduit que les conditions dans lesquelles avait été organisé le visionnage du film n’étaient pas de nature à caractériser un manquement de l’enseignant à ses obligations". La requête des parents a été rejetée. L'intérêt de cette affaire est de préciser les conditions de diffusion des films en classe.

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L’expo de la semaine : « Maya Ruiz-Picasso »

Plongez dans l’intimité de Picasso ! Le Musée national Picasso-Paris  propose une exposition consacrée à Maya Ruiz-Picasso, articulée en deux volets : « Nouveaux chefs-d’œuvre, la dation Maya Ruiz-Picasso » et « Maya Ruiz-Picasso, fille de Pablo ». Cet évènement met en exergue la relation intime entre l’artiste et sa fille. Il  permet de relire une partie de son œuvre par le prisme de ce rapport exceptionnel qu’il entretenait avec elle. L’exposition aborde également le rapport de l’artiste à l’enfance en général. Le musée profite de l’occasion pour présenter au public neuf œuvres  de la collection Maya Ruiz-Picasso ayant rejoint les collections nationales par dation. Un parcours jeune public est proposé aux enfants de 7 à 12 ans avec des cartels spécialement réalisés pour eux.  Les groupes scolaires bénéficient de créneaux horaires spécifiques pour accéder au musée en dehors des heures d’ouverture au public.

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lundi 25 avril 2022

La représentation d'Adolf Hitler dans la bande-dessinée (EPI Histoire et bande-dessinée)

 "Né en Autriche et soldat pendant la Première Guerre mondiale, Adolf Hitler(1889-1945) devient le chef du parti nazi en 1921. Après un putsch manqué (1923), il expose la doctrine national-socialiste dans Mein Kampf et la met peu à peu en application après son arrivée au pouvoir en 1933. Il transforme l’Allemagne en un État totalitaire dont il se proclame le « Guide » (Führer) et sa politique extérieure mène à la Seconde guerre mondiale, guerre totale marquée par la domination allemande sur l’Europe et le génocide des Juifs." (source Larousse en ligne)

La figure d'Adolf Hitler est évidement présente dans de nombreuses Bande-dessinées Historiques, le plus souvent réalisés dans un style réaliste ou semi-réaliste mais pas seulement. Si certaines BD s'appliquent à restituer des faits avec rigueurs, d'autres font le choix de créer des fictions dans un cadre historique précis, comme dans les série dent d'ours ou les enfants de la résistance.

Plusieurs couvertures de BD mettant en avant la figure d'Adolf Hitler dans un style réaliste

A gauche une BD controversé des la fin des années 70 publié chez Elvifrance
Au centre et a droite deux apparitions d'Adolf Hitler en style semi-réaliste dans la série les enfants de la résistance 

 
Béka et Etien, Champignac, Tome 2, le patient A, 2021
Un exemple de récit fictionnel dans lequel interviens Adolf Hitler


D'autres auteur ont fait le choix du registre animalier, dont le chef d'oeuvre le plus marquant est le Maus d'Art Speigelman (1980), où les juifs sont des rongeurs et les nazis des chats mais où Adolf Hitler n'apparait pas à part sous la forme du logo visible sur la couverture. Il faut donc citer la bête est morte, publié dès 1944 par le français Calvo, qui représente Hitler sous les traits d'un loup où le plus récent Hitler La véritable histoire vraie (2019, Swysen/Ptiluc) avec des rats qui associent tout deux véracité historique avec un graphisme jeunesse animalier. On sait qu'Hitler lui-même a fait l'analogie entre la population juive et le rats.




Le personnage identifiable d'Adolf Hitler est aussi très présent dans l'univers du manga. Un excellent article écrit par une professeure d'Histoire explique ce phénomène populaire en suivant ce lien.

Trois œuvres sont à retenir, qui intègrent la figure historique d'Hitler à une fiction crédible dans le but de dénoncer ou interroger la nazisme. L'histoire des 3 Adolf, réalisé par le grand maître Ozamu Tezuka en 1983. La page du discours d'Hitler montre une capacité saisissante à saisir l'aura di dictateur. Il est interessant de comparer cette image avec deux vidéos: l'une d'un discours réel du fürher dans le film le triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, l'autre de sa parodie par Charlie Chaplin dans le dictateur.








Le Hitler de Shiregu Mizuki de 1971 porte aussi un regard intéressant sur le dictateur car il cherche à comprendre comment se met en place le nationalisme. Il faut noter que l'auteur à perdu un bras dans la guerre du pacifique en 1942. Enfin la fiction Devilman de Gô nagai, créateur de Goldorak, met en scène le personnage d'Hitler dans le tome 3.
Une version manga du livre d'Adolf Hitler Mein Kampf est disponible depuis 2009 dans la collection  Manga de dokuha.



Il faut aussi parler des auteurs qui vont utiliser la figure d'Hitler dans des œuvres totalement imaginaires dans le temps et l'espace. Par exemple le tome d'infinty 8, retour vers le führer, est une histoire de science-fiction dans laquelle le cadavre d'Hitler est réanimé à l'aide d'un robot pour devenir le super méchant de l'histoire. D'autres auteurs vont utiliser la figure d'Adolf Hitler dans des BD humoristiques, pour le tourner ne dérision, créer un décalage ou faire de l'humour noir. C'est le cas par exemple l'album le fils d'Hitler de Pieter De Poortere, sorti en 2010.
On citera aussi l'album de science fiction minimaliste J'ai tué Adolf Hitler (2007) par Jason et le très sulfureux Hitler = SS de Vuillemin, interdit dès sa sortie en 1980, dont Hitler n'est présent que dans le titre mais qui est un symbole d'humour noir et irrévérencieux très provocateur.
 Les caractéristiques physiques (taille, coupe de cheveux, moustache, uniforme et croix gammée) permettent d'identifier le personnage même dans un dessin très simpliste.





L'aura négative du personnage, son association à l'extrême droite radicale et ses spécificités physionomique, font du dictateur un source d'inspiration inépuisable pour les dessinateur de presse et les caricaturistes, qui utilisent largement les codes de la BD traditionnelle (styles graphiques, bulles...).
Le journal satirique Charlie hebdo à fait quelques couvertures mettant en scène le personnage Hitler pour réagir à l'actualité.

Les bande-dessinées de Jason et Vuillemin citées plus haut et deux couvertures du journal Charlie Hebdo mettant en scène Hitler qui commente l'actualité de l'époque. 



On pourra approfondir le thème avec le catalogue de l'excellente exposition Shoah et bande-dessinée présentée au mémorial de la Shoah il y a quelques années.







vendredi 8 avril 2022

Culture : que proposent les candidats à la présidentielle ?

Thématique secondaire de cette campagne présidentielle 2022, la culture et les arts sont absents des débats et des préoccupations des candidats. Public Sénat vous détaille cependant les mesures proposées par les prétendants engagés dans la course à l’Elysée. (article copié du site public-senat)





  • Valérie Pécresse, Molière au Panthéon

Le programme culture de la candidate Les Républicains (LR) s’articule tout d’abord sur le renforcement des moyens humains et financiers accordés aux actions culturelles. Valérie Pécresse préconise de « tripler le budget alloué à l’éducation artistique et culturelle, de 100 à 300 millions d’euros par an. » La candidate envisage également une diminution de la TVA sur les biens culturels. Concernant l’éducation, la présidente de région envisage un renforcement des enseignements artistiques et culturels de « la maternelle à l’université. » Valérie Pécresse propose de créer un musée national itinérant d’art contemporain et du design.

La sauvegarde du patrimoine est le second volet du programme culturel de la candidate. Elle prévoit de consacrer 2,5 milliards d’euros sur cinq ans, « soit une augmentation de 40 % pour répondre à une situation catastrophique. » L’ex-ministre plaide pour l’entrée de Molière au Panthéon et l’augmentation des crédits d’acquisition pour les musées nationaux. La candidate entend également soutenir la création artistique avec la mise en place d’un plan de reprise post-Covid pour les secteurs les plus affectés et la création d’un « fonds national pour les talents émergents » doté de 250 millions d’euros. Concernant l’audiovisuel, Valérie Pécresse propose un nouveau modèle de financement pour le secteur public, un financement budgétaire « précédé d’un avis de l’Arcom sur les moyens à accorder. »

  • Emmanuel Macron : Métavers, commandes publiques et liberté informationnelle

Lors de la présentation de son programme aux Docks de Paris à Aubervilliers début mars, le président-candidat a exposé son projet culturel, un projet défendant « l’indépendance culturelle et informationnelle. » Emmanuel Macron souhaite poursuivre les efforts menés au cours de son mandat « pour une information libre et indépendante. » « Nous lancerons au niveau national et européen, des Etats-généraux pour le droit à l’information. Ils auront la vocation d’établir les éléments permettant de défendre l’information libre et indépendante. » Le candidat souhaite également la consolidation du modèle économique « pour pérenniser le financement de l’information libre et indépendante. »

Le chef de l’Etat souhaite poursuivre les commandes publiques artistiques. Le renouvellement de ce dispositif permettrait selon Emmanuel Macron de « soutenir les jeunes créateurs. » Le président de la République s’engage à investir pour constituer « des métavers européens, un sujet clé pour permettre à nos créateurs de créer et de ne pas dépendre d’acteurs et agrégateurs américains ou chinois. » Début mars, le président candidat a également affirmé sa volonté début mars de supprimer la redevance de l'audiovisuel public.

  • Anne Hidalgo, une culture au quotidien

Tout d’abord, la maire de Paris se désole de la marchandisation du secteur culturel, phénomène qui s’est accentué selon elle, depuis le début de la présidence Macron. Dans son programme présidentiel, elle affirme son engagement pour « défendre la liberté de création et de diffusion. » Si elle est élue présidente de la République, Anne Hidalgo prévoit de réserver 10 % des programmations des institutions culturelles financées par l’Etat « à la nouvelle création quel que soit le domaine. » L’élue parisienne propose la création « d’artothèques » dans l’Hexagone, des médiathèques culturelles consacrées exclusivement aux arts plastiques. Son programme prévoit un meilleur accompagnement des acteurs du spectacle vivant ébranlés par la crise sanitaire en systématisant les résidences d’artistes « dans toutes les scènes publiques. »

Elle promet une meilleure visibilité de la culture au quotidien en investissant « les lieux publics, les hôpitaux, les universités, les commissariats et les bâtiments administratifs » d’œuvres d’art. Anne Hidalgo s’engage à défendre une politique de préservation du patrimoine « ambitieuse », sans toutefois dévoiler les contours d’une grande politique publique sur le sujet. Concernant l’audiovisuel, la candidate s’engage à défendre le service public en garantissant un financement indépendant « en confortant la Contribution à l’Audiovisuel Public (CAP) », une contribution « juste et universelle » qui permettra de financer la création cinématographique et audiovisuelle.

 

  • Yannick Jadot, cinq milliards d’euros supplémentaires sur la durée du quinquennat

Dans son programme, l’eurodéputé dévoile ses propositions en faveur « de la culture et de la création. » Le candidat écologiste propose d’augmenter le budget du ministère d’un milliard d’euros supplémentaires par an pendant les cinq années de son mandat. Yannick Jadot s’engage également à porter « la création à hauteur de 25 % » du budget culturel de l’Etat. Face à « l’appétit des géants du numérique », le candidat EELV annonce son intention de défendre le modèle de « l’exception culturelle » française en soutenant notamment le développement « de lieux culturels indépendants. »

Le député européen propose une meilleure reconnaissance des spécificités culturelles locales. Il annonce son intention de ratifier la Charte européenne des Langues régionales ou minoritaires. Yannick Jadot ambitionne de lutter contre la précarité affectant les artistes. Afin « de les aider à sécuriser leur carrière », il promet la création d’un revenu pour les artistes et les auteurs « qui ont vocation à vivre de leur création et dont les métiers ne relèvent pas du régime de l’intermittence du spectacle. »

 

  • Jean-Luc Mélenchon, une politique renouvelée et innovante

Pour le candidat de l’Union Populaire, le service public de la culture et des arts est fragilisé « par des dynamiques novices dans la culture à l’œuvre depuis trois quinquennats. » Dans la perspective de renforcer et renouveler l’action de l’Etat, Jean-Luc Mélenchon annonce plus de 70 propositions sur le sujet. Le député des Bouches-du-Rhône envisage une nouvelle « éducation artistique et culturelle », en développant les formations et les enseignements « dans les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires » et en jumelant les établissements scolaires et culturels. Parallèlement, l’Insoumis souhaite renforcer les moyens alloués aux écoles supérieures d’arts, « réengager le ministère […] dans le soutien financier aux conservatoires » et augmenter « les effectifs des professeurs, artistes enseignants et chercheurs dans l’enseignement artistique. »

Concernant le ministère de la Culture, le candidat à l’élection présidentielle souhaite accroître son budget, ses moyens et « mener la bifurcation écologique dans les arts et la culture notamment dans la rénovation des bâtiments culturels. » Le député se fixe également comme objectif une culture « plus accessible » au quotidien pour les publics. Cette action de proximité se définit par un soutien accru de l’Etat auprès des associations et des maisons de jeunes et de la culture (MJC), une « valorisation » et un développement des librairies indépendantes, cinémas, salles de concert, et lieux physiques pour le spectacle vivant. Jean-Luc Mélenchon désire que la puissance publique « reconnaisse le travail de l’art. » Il veut réformer et améliorer le régime des intermittents, créer un « Centre national des artistes auteurs » pour négocier une protection « adaptée à ces professions. » Le programme « culture » s’étend également aux enjeux de protection du patrimoine, le candidat propose des travaux de rénovation sous la direction des services de l’Etat et des Directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Le candidat met l’accent sur la « défense de la diversité et l’indépendance de nos industries culturelles. » Il promet une meilleure reconnaissance du jeu vidéo avec la création d’une institution sur le modèle du Centre national du cinéma et le développement d’écoles publiques. Le député préconise « la création d’une médiathèque publique en ligne gratuite regroupant les œuvres tombées dans le domaine public » et l’application de lois de déconcentration dans les secteurs culturels « afin de garantir l’indépendance et favoriser la diversité d’expression et de création. »

 

  • Fabien Roussel : la création d’un grand Ministère de la culture, de l’éducation et des médias

À l’occasion du 400e anniversaire du baptême de Molière le 22 janvier, le candidat communiste en a profité pour appeler à une refonte des politiques publiques culturelles : « Il est urgent de remettre l’art, la culture et l’éducation populaire au cœur de la vie sociale et démocratique, parce que c’est la seule voie pour l’émancipation. » Pour parvenir à cet objectif, Fabien Roussel entend restaurer la culture par la création d’un grand « Ministère de la culture, de l’éducation et des médias » doté d’un budget ambitieux fixé à 1 % du PIB. « Ce niveau d’engagement financier correspond à une augmentation de l’ordre de 30 % des budgets publics actuels. » Ce ministère disposerait de prérogatives étendues sur les questions relatives à la Francophonie et à l’action culturelle à l’étranger.

Au niveau national, le ou la ministre aurait pour objectif de réduire les inégalités entre les territoires, « en matière d’équipements et de soutien à la création. » Pour définir cette nouvelle politique publique, Fabien Roussel propose également de convoquer des « Etats-généraux de la culture, interdisciplinaires et décentralisés » réunissant l’ensemble des acteurs du pays. Le candidat communiste prévoit de défendre les artistes et les auteurs. Comme la candidate socialiste Anne Hidalgo, Fabien Roussel préconise un renforcement du statut des intermittents notamment pour les artistes « du spectacle vivant et de l’audiovisuel. »

 

  • Philippe Poutou, fin de la marchandisation de la culture et de l’information

Interrogé sur sa mesure phare pour la culture sur France 2, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste estime, « qu’il faut un véritable public des cultures. » Philippe Poutou défend une meilleure reconnaissance et une promotion des langues et des cultures régionales. Le candidat à l’élection présidentielle veut « une culture indépendante des intérêts privés. » Il préconise une liberté complète de la création et de diffusion et plusieurs mesures concernant le statut des intermittents : garantie de rémunération, respect du droit au congé de maternité, respect au congé longue maladie…

Le candidat à l’élection présidentielle défend une refonte du système médiatique. « L’information ne doit pas être une marchandise », explique-t-il. Il propose un démantèlement de l’Arcom, une nouvelle législation anti-concentration des médias et une refonte des aides financières à la presse.

  • Nathalie Arthaud, la culture absente du programme de la candidate

La candidate de Lutte Ouvrière concentre son programme sur les questions sociales et économiques. Aucune mesure proposée par Nathalie Arthaud ne concerne les problématiques culturelles.

  • Éric Zemmour, « assurer l’harmonie et la beauté de toutes les villes de France »

L’action culturelle voulue par l’ancien éditorialiste s’articule autour de la « préservation du patrimoine français. » Le candidat du parti « Reconquête ! » préconise d’établir un audit, un bilan complet en début de mandat sur l’état des biens patrimoniaux dans l’Hexagone. Éric Zemmour prévoit un financement de deux milliards d’euros sur cinq ans pour « sauver le patrimoine monumental et restaurer les biens en péril. » L’ex-journaliste promet « d’assurer l’harmonie et la beauté de toutes les villes de France » grâce à l’instauration de nouveaux Plans Locaux d’Urbanisme, « soucieux » des spécificités architecturales locales.

La promotion de la culture figure également au cœur des propositions du candidat. Éric Zemmour souhaite conditionner les subventions accordées par le CNC aux productions cinématographiques « assurant la promotion et la diffusion de la culture française et européenne […] comme l’adaptation d’œuvres littéraires et d’évènements historiques. » Pour mener à bien ces politiques, le candidat propose de créer un « grand ministère d’Etat du Savoir et de la Transmission » regroupant « l’Instruction publique », l’enseignement supérieur et la culture. Il souhaite également réformer l’audiovisuel en privatisant les chaines généralistes et d’information du service public. Le projet présidentiel prévoit de confier les antennes régionales de France 3 et France Bleu aux collectivités territoriales.

  • Marine Le Pen, protéger et valoriser le patrimoine

La députée du Pas-de-Calais, candidate à l’élection présidentielle promet de ne pas chambouler le système culturel actuel. « Les aides dont bénéficient aujourd’hui la création et la promotion des différents secteurs de l’activité culturelle et notamment le régime des intermittents du spectacle », ne seront pas remises en cause. Marine Le Pen entend conserver le statu quo. L’accent est donc mis sur « la protection et la mise en valeur » du patrimoine matériel et immatériel de l’Hexagone. Pour la candidate du Rassemblement Nationale (RN), le budget actuel pour l’entretien et la restauration des monuments est insuffisant. Elle souhaite le tripler et porter cette enveloppe à un milliard d’euros par an. « L’initiative du Loto du Patrimoine sera confortée et exonérée des taxes sur le loto », précise-t-elle. Marine Le Pen envisage la création d’un « service national du patrimoine » permettant aux jeunes de 18 à 24 ans « d’œuvrer à la restauration, à la valorisation de notre patrimoine bâti, mais aussi naturel. » Concernant l’audiovisuel public, la candidate souhaite entamer la privatisation des chaînes publiques et la suppression de la redevance.

  • Jean Lassalle, création de Fêtes des sports, de l’engagement et du savoir

Le projet présidentiel du Landais entend porter une réorientation des financements publics pour soutenir « la création indépendante. » Jean Lassalle promet la création d’un fonds public dédié aux lieux culturels facilitant « l’accès aux plus défavorisés. » Le député promet d’instaurer un conditionnement des financements publics aux groupes privés en fonction de « l’indépendance des propriétaires. » Le candidat entend mener une réforme du régime d’intermittence du spectacle et préconise une « revalorisation du statut et des salaires. » Il annonce dans son projet présidentiel la création de trois fêtes nationales supplémentaires : la Fête des Sports prévue le 21 septembre, une fête célébrant l’engagement le 21 décembre et une Fête du Savoir le 21 mars.

  • Nicolas Dupont-Aignan, création de parcs à thèmes historiques sur le modèle du Puy-du-Fou

De son côté, le candidat à l’élection présidentielle du parti Debout la France défend 42 propositions pour « retrouver l’ambition au service d’une culture populaire de qualité et d’un patrimoine exceptionnel. » Le député entend « sauvegarder et faire vivre le patrimoine » en augmentant les crédits d’entretien à 400 millions d’euros par an. Il envisage l’instauration « d’un fond de sauvegarde » destiné à protéger le patrimoine rural. Il propose également la multiplication des parcs à thème historique « sur le modèle du Puy-du-Fou. »

Parallèlement à cette mission de protection et valorisation du patrimoine, Nicolas Dupont-Aignan propose la création d’un grand ministère englobant « patrimoine, tourisme, le spectacle vivant, les arts, les lettres, le cinéma et la communication. » Il propose de dédier 1 % du budget de l’Etat à l’action culturelle et « consacre 0,5 % du budget de tous les grands programmes d’équipements à la création artistique. S’il est élu président, Nicolas Dupont-Aignan s’engage à soutenir activement les arts du cirque, la tradition foraine et « assurer la survie de l’opéra. » Il propose l’inscription du jeu-vidéo comme « un art à part entière » bénéficiant d’une délégation dédiée. Le candidat souhaite démocratiser l’accès à la culture en instaurant la gratuité des musées le dimanche et en favorisant l’enseignement de l’histoire de l’art dès le collège. Le projet président du candidat souverainiste prévoit un meilleur accès des personnes en situation de handicap à la culture et aux établissements du secteur.