"L’art ne doit pas rendre compte de la réalité, mais chercher ce qui se cache derrière. " — Andreas Gursky
Andreas Gursky naît en 1955 à Leipzig, en Allemagne de l’Est, dans une famille où la photographie est une tradition. Son père, Willy Gursky (1921–2016), était photographe commercial, spécialisé dans la photographie publicitaire et industrielle. Son grand-père, Hans Gursky (1890–1969), exerçait également ce métier. Cette immersion précoce dans l’univers de l’image, baigné de photographies commerciales et de reportages, a profondément marqué le regard du jeune Andreas. Dès son plus jeune âge, il est exposé à la rigueur technique et à la composition visuelle, éléments qui resurgiront plus tard dans son propre travail.
![]() |
| Portrait d'enfant par Hans Gursky (source) |
![]() |
Willy Gursky |
Gursky commence ses études à la Folkwangschule d’Essen (1977-1980), où il apprend une approche subjective de la photographie, influencée par des professeurs comme Otto Steinert et Michael Schmidt. Cette période lui permet de développer un regard personnel et expressif, mais c’est à Düsseldorf qu’il trouvera sa voie définitive.
![]() |
| Otto Steinert, sans titre, 1949 |
![]() |
| © Michael Schmidt Untitled (from 89/90), 1989-90/2009 Gelatin Silver print 39,7 x 31,7 cm, framed 60,8 x 51,3 cm |
En 1981, Gursky intègre la Kunstakademie de Düsseldorf, où il devient l’élève de Bernd et Hilla Becher. Ce couple de photographes, fondateurs de l’École de Düsseldorf, est célèbre pour leur approche systématique et objective de la photographie industrielle. Leur méthode repose sur :
- La typologie : ils photographient des bâtiments industriels (châteaux d’eau, silos, hauts-fourneaux) selon un protocole rigoureux (cadrage frontal, absence d’ombre, lumière uniforme), en série et par catégories.
- L’objectivité : ils effacent toute trace de subjectivité, cherchant à documenter plutôt qu’à interpréter, dans la lignée de la Nouvelle Objectivité allemande.
- La distanciation : leurs images sont froides, analytiques, presque scientifiques
![]() |
| Bern et Hilla Becher, Châteaux d'eau (typologies), 1965-1997 |
![]() |
Thomas Ruff, Exposition : Méta-photographie, Musée d’art moderne et d’art contemporain de Saint-Etienne, 2022 |
![]() |
| Thomas Struth, issue de la série Portrait de famille |
![]() |
| Andreas Gursky, Paris, Montparnasse, 1993 première utilisation du numérique dans son travail. |
![]() |
| Andreas Gursky, Chicago Board of Trade II, 1999 |
Gursky, plutôt engagé politiquement, socialement en revendiquant une démarche documentaire et par l’ensemble de son travail semble démontrer que la photographie ne dit jamais la vérité, qu’elle n’est pas une reproduction du réel, mais une reconstruction au même titre que toute représentation cela d'autant plus que le développement du numérique lui permet d’imprégner l’image de sa vision personnelle, de faire de la photographie une fiction de l’artiste" (source https://blonsartsplats.blogspot.com/2024/06/gursky99cent-analyse-notionnelle-bac.html )
![]() |
| Andreas Gursky, 99 cent, 1999 épreuve chromogène couleur sous Diasec • 206,5 x 337 x 5,8 cm 6 exemplaires en 1999 et 6 retirages en 2024 |
![]() |
| Andreas Gursky, Harry Styles, 2025 |
"La remise en question de l'objectivité photographique ne peut suffire à expliquer le caractère exemplaire de la démarche théorique et esthétique d'Andreas Gursky. Plusieurs approches photographiques remettent en question la véracité du médium. Les mises en scènes de Cindy Sherman, les travaux de Thomas Ruff et ceux de Thomas Demand participent tous à une démarche conceptuelle qui consiste en partie à démontrer la facticité de l'image photographique. Les œuvres d'Andreas Gursky ont la particularité de réviser les présupposés de l'objectivité du médium en proposant une appréhension optimale du réel. L'artiste allemand se distingue ainsi en questionnant un registre stylistique généralement associé à l'authentification du rée!. En déconstruisant les codes styi istiques de l'esthétique documentaire, ses œuvres nous rappellent à leur façon que toute représentation photographique ne reproduit pas la réalité passivement mais impose une structure à sa représentation. Les schématisations linéaires et les arrangements géométriques sont une manière de le démontrer. Le spectateur observe ainsi une représentation structurée et détaillée du monde en tenant compte que son optimisation résulte essentiellement d'un travail de formalisation. Ainsi, toute forme de dichotomie est inefficace afin de comprendre les œuvres d'Andreas Gursky. La valeur référentielle de ses photographies ne peut être expliquée en opposant les notions de vrai et de faux, d'authentique et de fabriqué ou d'objectif et de subjectif." (François Valcourt, LA VALEUR RÉFÉRENTIELLE DES ŒUVRES PHOTOGRAPHIQUES D'ANDREAS GURSKY: LA MISE À DISTANCE DU RÉEL ET LA REPRÉSENTATION INTELLIGIBLE DU MONDE).






































.jpg)


















