Les références suivantes ont été étudiées par les 3ème dans la cadre d'un travail en volume sur la main
August Rodin,La cathédrale, 1908, Pierre
August Rodin à beaucoup sculpté des mains, de toutes tailles et dans tous matériaux. Lorsque l'on regarde ces sculptures on constate combien elles sont expressives. On peux presque deviner la personnalité ou le sentiment que ressent son propriétaire.
August Rodin, la main de Dieu, 1896, marbre, cette petite sculpture est une métaphore de la création, comparant l'artiste, faisant naitre des figures dans la matière inerte, à Dieu qui, selon l'ancien testament, créa Adam d'un bloc d'argile.
August Rodin, sculpture en bronze, on voit bien ici la tension et la crispation qui exprime la douleur ou la colère
August Rodin
August Rodin, trois version d'une main en bronze. ici la main est tellement autonome qu'elle semble prendre vie, comme une sorte d'insecte rampant
PENONE,Il poursuivra sa croissance sauf en ce point, Alpes Maritimes, 1968. Arbre, moulage en bronze de la main de l’artiste.
Dans l'oeuvre ci-dessus, l'artiste Giusepe Penone enserre un moulage en bronze de sa main sur le tronc d'un arbre encore jeune. L'arbre va continuer de pousser autour du corps étranger de la même manière que notre peau peut accepter la présence d'une écharde ou d'une épine d'oursin.
Par ce travail en évolution permanente, Penone amène le spectateur à réfléchir au rapport que l'homme entretiens avec la nature: l'homme blèse la nature en voulant la contrôler mais elle reprend toujours ses droits et continue de s'étendre partout où elle peut.
Bertrand Lavier, Brandt sur Haffner, 1984 Superposition d'un réfrigérateur sur un coffre-fort peint en jaune
Betrand Lavier est un artiste contemporain qui ne prend pas l'Art au sérieux. Son travail questionne avec humour et simplicité le statu et la valeur de l'oeuvre d'art et ses différences avec les objets usuels quotidiens.
Avec la superposition d'un frigo sur un coffre fort, il questionne les limites du Ready-made (sculpture non fabriquée par l'artiste mais choisi et présenté par lui). En effet ces deux objets sont de nature identique (des contenants fonctionnels), mais l'un devient un socle et l'autre une sculpture.
Avec ironie, Bertrand Lavier intervient sur le socle en le peignant, alors qu'il ne touche pas au frigo, signifiant ici que c'est bien ce socle qui valide ce qu'il présente comme oeuvre d'Art.
Bertrand Lavier, La Bocca/Bosch, 2005 Canapé sur congélateur
Et Betrand Lavier va décliner son geste avec humour. Dans La Bocca/Bosch il s'amuse à présenter le célèbre canapé inventé par Salvador Dalì en hommage à l'actrice Mae West sur un congélateur.
En plus de s'amuser avec le contraste chaud/ froid évoqué par ces deux objets (Lèvres rouges, congélateur blanc), l'oeuvre met en avant notre rapport au design en tant que création artistique (pourquoi un canapé rouge serait plus artistique qu'un congélateur blanc?).
A noter que Bosch est aussi le nom d'un peintre.
Bertrand Lavier, Calder/Calder, 2012, sculpture de l'artiste Calder sur climatiseur
Avec Calder/Calder, Bertrand Lavier touche aux limites du ready-made. Ce qu'il nous montre ici est une sculpture qu'un autre artiste à fabriqué mais que Lavier s'approprie en la posant un socle (un climatiseur de marque Calder).
Par un geste simple, Bertrand Lavier crée un questionnement complexe sur l'Art qui se veut dans la continuation des oeuvres de Marcel Duchamp (l'inventeur du ready-made).
Il faut ici penser au travail de Brancusi sur le socle dont il fit de véritables sculptures autonomes, brisant la traditionnelle neutralité du cube blanc.
Sur Bertrand Lavier, le dossier pédagogique du centre Pompidou ici et une vidéo sur l'exposition de 2013 ici
La page de sa gallerie parisienne ici
Sur le ready-made et ses liens avec la pensée philosophique ici
Yoko Ono à souvent travaillé sur l'évocation de la neige, comme on peut le voir dans les Snow pieces.
Yoko Ono, snow piece serie, 1963-1964, ces consignes écrites pour des oeuvres à réaliser par celui qui les lis sont comme des partitions qui invitent à réaliser soi-même une oeuvre
Alors que s'ouvrait le salon Paris Photo, le quotidien Libération du jeudi 14 novembre fait le choix d'une formule radicale: un journal sans photos.
Les photographies qui illustrent les articles sont dans ce numéro absentes, laissant à leur place un cadre blanc et une légende.
Ce manque, ces trous dans la page nous amène à nous questionner sur notre rapport à l'image dans la perception de l'information.
Sans repères, nous tournons les pages sans que rien n'arrête notre oeil sur un article en particulier, jusqu'à ce que nous nous décidions enfin à voir le texte et à le lire.
L'idée est assez singulière et pertinente pour qu'il dépasse le simple coup de com' et pousse à la réflexion individuelle et collective.
L'oeuvre de la semaine sont cinq oeuvres d'il y'a trois semaines, où il est question de figurer le mouvement.
William Turner, pluie, vapeur, vitesse, le grand chemin de fer de l'Ouest, 1844, huile sur toile
Le tableau de William Turner titré pluie, vapeur, vitesse est un bouleversement dans la peinture académique du 19ème siècle.
D'abord par le choix du sujet tout à fait nouveau, une locomotive, là ou on avait l'habitude de voir des nus ou des natures mortes, ensuite par le traitement plastique de ce sujet. La façon de peindre, proche de la technique impressionniste, est pertinente car elle rend l'effet brumeux de la vapeur de l'engin mais surtout le flou crée par la vitesse de cette machine qui traverse le cadre.
Sans les innovations technologique de l'ère industrielle (locomotive, photographie...) et la lumière particulière crée par le climat anglais, William Turner aurait-il pu peindre un tel tableau ?
Giacomo Balla, jeune fille courant sur un balcon, 1912, huile sur toile
La peinture d'avant garde à largement été influencée par la révolution industrielle de la fin du 19ème siécle. Ainsi les futuristes (Marinetti, Balla, Boccioni) seront fascinés par la vitesse. Il chercheront alors a retranscrire dans la peinture, les images et sensations que procure l'automobile, le train où l'avion.
Marcel Duchamp, nu descendant l'escalier, 1912
Une autre innovation technologique qui va bouleverser la peintre est celle de la photographie.
Si nous comparons par exemple le nu descendant l'escalier de Marcel Duchamp avec les études scientifiques de décomposition du mouvement par la photographie (chronophotographie), nous ne pouvons que constater la filiation.
Harold A. Edgerton, Différentes phases
Tout cela nous montre combien les artistes sont en connexion avec leur époque et sont le reflet de notre société.
Sur l'influence de la chronophotographie sur la peinture ici
Sur le nu descendant l'escalierici
Oú l'on constate que la peinture d'hier et de demain à de beaux jours devant elle... mais à quel prix?
Banksy: l'intervention de trop?
1er Octobre, Manhattan, NYC
Comme tous les artistes de renommé internationale (Picasso, Warhol, Basquiat...), Banksy arrive au point critique de sa célébrité, soutenue par l'inflation extraordinaire de sa côte sur le marché de l'Art: On attend de lui que chaque nouvelle oeuvre produite soit un chef d'oeuvre qui surpasse le précédent. Vision bien capitaliste de la création comme un produit qui ne peut que devenir meilleur pour ne pas sombrer dans l'oubli et l'obsolescence, comme n'importe quel objet technologique de consommation courante ( Quel est la durée de nouveauté technologique d'un smartphone?).
Je crois moi que le travail d'un artiste n'est jamais aussi bon que lorsque jeune, libre et désargenté, il invente et trouve des problématiques dont les travaux ultérieurs ne seront que des variations sur un même motif. Mais c'est là un avis bien personnel.
Beaucoup de gens ont critiqué l'exposition/performance de Banksy, Better out than in, pour laquelle il a produit une oeuvre par jour dans la ville de New-York au mois d'Octobre.
Critiqué au motif que les oeuvres n'étaient pas assez virulentes et politiques à propos des Etats-Unis.
Mais à quel moment banksy à t'il été un jour virulent et politique, ai-je envie de demander ?
Que ce soit à Londres, au Louvre, en Afrique ou sur le mur de la bande de Gaza, Banksy, comme Picasso, Warhol et Basquiat, ne questionne qu'une chose: l'Art.
Et dans Better out than in, par le squat à l'echelle d'une ville, il à bien été question de porter une réflexion sur la performance, l'in situ, la valeur d'une oeuvre, la rapport au public, l'espace public, le détournement, la poésie et le graffiti... Toute choses propre à l'Art.
Et que ceux qui attendent une critique du capitalisme le fasse eux même: le pochoir est à la portée de tous !
Deux articles critiques ici (Libération) et ici (Le Monde)
Un article dans le Figaro ici
Toutes les oeuvres de l'exposition ici
2 Octobre, Westside, NYC
Roy Lichtenstein, un divertissement populaire ?
Roy Lichtenstein, Now, mes petits... Pour la France !, 1963, magna sur toile
La rétrospective consacrée à l’artiste pop, qui vient de s’achever, a attiré plus de 500 000 visiteurs. L’une des meilleures fréquentations de l’histoire du musée.
Il est interessant de se poser la question, en tant que plasticien, sur les attentes du public en terme d'expérience artistique, lorsqu'on sait la vacuité d'un mouvement (le Pop Art) qui célèbre la société de consommation en utilisant l'iconographie et les techniques de la publicité. Il faudrait donc se contenter de faire entrer dans le musée ce que l'on trouve déjà dehors et surtout de produire des oeuvres esthétiques que l'on pourra décliner en carte postale, tee-shirt, porte clef, magnet, corbeille à papier... (juste retour des chose) ?
Rappelons cette définition du père du Pop Art Richard Hamilton: «Le Pop Art est populaire (destinée à un public de masse), éphémère (solution à court terme), superflu (facilement oublié), bon marché, produit en série, jeune (destiné aux jeunes), spirituel, sexy, tape-à-l'oeil, éblouissant, et doit rapporter gros.»
Que tout cela n'enlève rien à la grande qualité technique et esthétique du travail de Roy Lichtenstein dont la méthode de travail est expliqué ici
Cedric Ponti: tableaux à l'explosif
Cédric Ponti étonne à nouveau par l'efficacité de sa démarche : comment obtenir des effet picturaux sans le geste de peindre? Ici, à l'aide d'explosifs (Ponti en utilise depuis 2003) et de réserves d'encres fixées derrière les toiles alignées (dont les propriétés particulières laisse transpirer la couleur), reliés par une enfilade de mèches, se sont révélées des images. Numériques, vectorisées par logiciel, elles ont été au préalable collectées sur google, selon l'actualité, puis transférées de façon invisible d'abord sur le support, avant d'apparaître lors du vernissage. Dans la provocation et l'humour grinçant, on peut voire une parenté certaine avec Wim Delvoye. Marika Nanquette.
D'autres peintures à l'explosifs plus monumentales sont visibles sur la galerie virtuelle du PLAC ici