samedi 25 janvier 2014

Un peu d'Art de ville que diable !

La marque de voiture Smart propose actuellement sur internet des minis-reportages sur le street art.
Dans les trois premiers numéros d'Art de ville, vous pourrez découvrir les détournements urbains de cyclop, les origamis de Mademoiselle Maurice ou le ligth painting de Tim Mash.




Ces pratiques urbaines, poétiques ou humoristiques, ont pour point commun de ré-enchanter la ville et le quotidien.
Une respiration bienvenue de la part d'une société qui fait son profit sur les gaz d'échappement...

Pour ceux qui pense que le street art et le graffiti ne doit pas servir de fair-valoir aux grandes marques de luxe, allez plutôt voir cette vidéo de KidKult qui fait du vandalisme un combat contre le capitalisme. (Ici)

Le site Art de ville ici
Le blog de Cyclop ici
Le site de KidKult ici

Affiches toi...

















Conception des affiches pour les stands du forum des métiers, par les élèves de 4ème.

L'oeuvre de la semaine


Pieter ClaeszNature morte avec une tourte de dinde, 1627, peinture à l'huile sur toile 
"La nature morte nordique, reflet d’une réalité familière, permet une rencontre privilégiée entre le quotidien et la peinture. Elle sollicite aussi, derrière le mirage de cette richesse manifeste et de ce déploiement flatteur, une lecture subtile des apparences par le biais d’une approche symbolique." (source: Louvre.fr)

Abraham Hendriksz van Beyeren, nature morte, 1650, peinture à l'huile

En effet, selon une première lecture, la nature morte Hollandaise du XVIIème siècle à pour objectif de mettre en évidence la prospérité économique du pays à cette époque. 

Willem Claesz, Fin de collation, dit aussi Un dessert, 1637
Les peintres s'attacheront beaucoup aux rendus des matières et des textures (tissus, fruits, crustacés...), avec un intérêt particulier pour la transparence et la brillance (verre, cristal, argent...), dans des compositions minutieusement mise en scène (on pourrait presque parler d'installation).

Pieter Claesz, Stilleven met een brandende kaars, 1627
Mais ces peintures ont aussi un autre sens, caché, qui se veut philosophique et même moraliste, comme souvent dans la peinture du nord de l'Europe.
En vérité ces compositions parlent du temps qui passe, du caractère éphémère des choses et donc la vie. 
On appèle cette façon symbolique de parler de la mort, une vanité.


Ainsi les fleurs sont sur le point de faner, la bougie à finie de se consumer, le repas se termine... Tous cela pour dire que nous n'emporteront rien dans la mort, ni la belle vaisselle, ni même notre savoir accumulé dans les livres...


Pour plus de détails sur la nature morte hollandaise, une page du site du Louvre ici

mardi 21 janvier 2014

Tomber sur un os ;-)

Recherches photographique préparatoire à partir d'ossements d'animaux trouvés dans la nature, d'un élève de terminal.




Les ossements ont ensuite été utilisés pour construire deux installations éphémères et documenté par la photographie (images ci-dessous).







Cette proposition est intéressante car elle sort des clichés du land art, où les oeuvres sont souvent poétiques, esthétiques, contemplatives... Ici l'ambiance de la sculpture et des images est assez sombre et renvoie à quelques rituels païens mystérieux. 

De nombreux artistes travaillent avec des ossements d'animaux, dans les registres du comique ou du monstrueux, mais ici on peut évoquer une performance de Marina Abramovic, Balkan Baroque, où elle nettoie des ossements.

"L'artiste de blanc vêtue, s'est installée sur un tas d'os, sur les murs défilent des vidéos et une installation sonore plongent les spectateurs face à la barbarie guerrière.
Comment oublier face à cette œuvre que Marina Abramovic vient de l'Est de la Serbie ? Comment ne pas voir que ses liturgies d'ossuaires de sang et de chair ont anticipé la violence qui allait aboutir à l'éclatement de l'ex-Yougoslavie?" (l'article complet ici)

lundi 20 janvier 2014

Exposition Doisneau à San Julia


Le musée du tabac de San Julià (Andorre) présente jusqu'au 2 mars, une belle exposition du photographe français Robert Doisneau.
Les 60 photographies (des retirages argentiques d'après les négatifs originaux) suivent un parcours chronologique très didactique qui permet de porter un regard sur l'ensemble de l'oeuvre et des préoccupations de l'artiste qui fut un pionnier de la photographie de rue. 

Robert Doisneau, autoportrait au Rolleiflex, 1949
On y retrouvera les fameuses photographies d'enfants jouants dans la rue, d'écoliers, de clochards et de scènes de bistros parisiens de ce "pêcheur d'images" qui fit de l'attente un geste photographique. 
Mais aussi, ces nombreux travaux de commande pour Vogue, Life ou Le Point, génialement mis en scène pour évoquer la magie de l'instant.
C'est la cas du célèbre baiser de l'hôtel de ville, mais aussi des portraits de Picasso, Tati ou Tinguely. 

Robert Doisneau, le baiser de l'Hôtel de ville, 1950
ROBERT DOISNEAU, Les pains de Picasso, 1952.
Plus d'information sur l'exposition ici
Un article d'el Periòdic ici
Le site officiel sur Robert Doisneau (avec de nombreuses photographies) ici
Le compte-rendu de la formation photo pour les professeurs réalisé par votre serviteur ici ainsi qu'une émission de radio sur l'exposition ici 
Pour terminer cette belle chanson de Renaud, rouge-gorge (1988), qui rend hommage à Doisneau, ici et ci-dessous.


Chante, Rouge-gorge
Les Temps des Cerises
Savigny-sur-Orge
Paraîtra moins grise
Chante aussi Paname
Que les assassins
Ont livré aux flammes
Sans brûler leurs mains
Chante la mémoire
Que Doisneau préserve
De Paris, le soir
D'avant qu'elle crève
Chante la bâtarde
Paris-la-soumise
Que Doisneau regarde
Et qui agonise.

Renaud, Rouge-gorge (extrait)


Peintures animées


Le vidéaste italien Rino Stefano a eu la brillante idée de compiler 100 chefs-d’oeuvres de l’histoire de l’art et de leur donner vie dans une vidéo hypnotique. Elle s’ouvre sur une séquence composée de paysages enchanteurs et d’une majorité de tableaux du Français William Adolphe Bouguereau, connu pour avoir illustré à de nombreuses reprises les liens familiaux et l’enfance.
La douceur laisse peu à peu place à une tonalité plus sombre où l’on découvre des oeuvres du Caravage, dont les célèbresDavid avec la tête de Goliath et La Méduse, mêlés à toute une série de clairs-obscurs fascinants. (source Konbini.com)

Vidéó ci dessous ou ici


On appreciera la lenteur et l'aspect méditatif de la vidéo là où certains cherchent à en mettre toujours plus, dans un minimum de temps, dans un déluge d'image stroboscopique (comme ici). Et si cette vidéo est peut être un peu longue et répétitive, on ne se lassera pas de ces paysages reposants, mis en valeur avec une apparente simplicité de moyen des plus plaisante. Car si l'animation de tableaux célèbres est à la mode, c'est plus souvent pour des détournements humoristique (comme ici). Alors qu'ici, le vidéaste s'efface derrière la beauté des tableaux.

dimanche 19 janvier 2014

Volumes en papier







Travaux en papier des élèves de l'atelier libre.
Pour découvrir de nombreuses créations artistiques réalisées en papier, cliquer ici

Banksy







Travaux des élèves de 4eme autour de l'oeuvre de l'artiste Banksy

samedi 18 janvier 2014

Histoire des arts: Yves Klein, Anthropométrie de l'époque bleue

 Yves Klein, 
Anthropométrie de l'époque bleue (ANT 82), 1960

Cette oeuvre est la seconde de la liste en Arts Plastiques pour l'épreuve d'Histoire des arts du brevet des 3ème.

 Yves Klein, Anthropométrie de l'époque bleue (ANT 82), 1960, Cette peinture est réalisée à base de pigment pur et de résine synthétique sur papier et monté sur une toile de 155 x 281 cm. Cette œuvre fait partie des collections permanentes du centre Beaubourg à Paris. 
Yves Klein est un artiste français, fondateur (avec son ami et critique d'art Pierre Restany) du groupe d'artistes nommé Nouveaux Réalistes.
Né en 1928, de parents peintres tous deux, il ne commence sa carrière artistique, sans avoir fait d'études d'art, qu'en 1954, après s'être beaucoup investi dans le judo (il fit un séjour de deux ans au japon pour devenir ceinture noire et publie le livre les fondements du judo).

Yves Klein pratiquant le judo, japon, 1953
Son travail de peintre explore les possibilités du monochrome (peinture d'une seule couleur). Très vite il se concentre principalement vers la couleur bleue outremer, dont met au point en 1956 une variation, l'International Klein Blue (IKB), mise au point avec le marchand de peinture Edouard Adam, qui a la particularité de garder l'éclat du pigment pur en poudre, et qui deviendra sa signature.


A partir de ce bleu à la fois profond et lumineux, il va créer, durant sa courte carrière artistique (il meurt subitement en 1962), de nombreuses oeuvres d'art poétiques et tout à fait novatrices, autour des thématiques du vide, de l'invisible et de l'infini: sculptures et tableaux réalisés avec des éponges, tableaux réalisés avec du feu, lâchés de ballons, présentation d'une galerie vide...


En 1958, lors d'une soirée privé, Yves Klein fait un monochrome d'un genre nouveau: un modèle nu étale la peinture bleue sur la feuille posé au sol avec son propre corps.
Cette idée amusante donnera naissance aux anthropométries.

Première expérimentation de la technique des " pinceaux vivants ", dans l’appartement de Robert Godet situé dans l’Ile Saint-Louis à Paris. Lors de cette soirée, Yves enduit de peinture bleue le corps nu d’une jeune femme qui, par une série de mouvements de rotation, dépose ses empreintes corporelles sur un papier posé au sol, jusqu’à saturation du support. Il en résulte un monochrome bleu.
Les anthropométries d'Yves Klein consistent à appliquer l'empreinte d'un corps sur le support (papier ou toile).
Après quelques essais dans son atelier, Yves Klein organise une soirée ou des anthropométries seront réalisées en direct devant un public et suivie d'un débat.
Cette performance (réalisation d'une oeuvre d'art devant un public), à lieu en 1960 dans une galerie parisienne et sera intitulée Anthtropometries de l'époque bleue. Un orchestre y joue une pièce musicale d'Yves Klein, la symphonie monoton-silence (20 minutes d'un son continu suivie de 20 minutes de silence).
C'est à cette époque qu'il signe le manifeste du nouveaux réalisme (avec César, Christo, Tinguely, Villeglé...) où il est simplement écrit: Nouveau réalisme = nouvelle approche perceptive du réel.



 

L'oeuvre est intéressante pour plusieurs raisons.
D'abord car elle propose une nouvelle manière de faire de l'Art, comme un spectacle, devant un public qui peut réagir en direct: c'est ce que l'on appelle la performance.
Ensuite parce qu'Yves Klein  decide de donner un plus grande place au modèle, qui habituellement pose pour le peintre. Ici non seulement le modèle est montré au public mais surtout c'est lui qui peint le tableau, par son empreinte. Yves Klein ne fait que donner des instructions, comme un chef d'orchestre. Il appelle cela la technique des "pinceaux vivants".
Enfin les oeuvres, qui sont le résultat de la performance, jouent avec l'idée de figuratif (qui représente quelque chose) et d'abstrait (qui ne représente rien).  Yves Klein se demande pourquoi l'art doit représenter fidèlement le réel ? A quoi sert-il de peindre un lit si on ne peut pas dormir dedans ? Une femme si on ne peut pas la serrer dans ses bras ?
Au premier regard, on ne voit dans les anthropométries d'Yves Klein que des tâches, mais pour lui elles sont plus réelles (ou réalistes) que des peintures figuratives car ce sont des empreintes de vraies femmes et cela les représente donc tel qu'elle sont "vraiment".
En fait, Yves Klein est dans la tradition classique de la peinture du nu, mais avec une perception différente du réel. C'est une oeuvre à la mesure du corps.



Ci dessus deux vidéos: Yves Klein réalisant une anthropométrie dans son atelier, puis la performance des Anthropométries de l'époque bleue, suivie des peintures de feu (en lien ici et ici)

Pour approfondir, une biographie détaillée d'Yves Klein sur son site officiel ici ainsi que de nombreuses images d'Anthropométries et d'autres oeuvres  ici
Une interprétation de la symphonie monoton-silence ci dessous (ou ici) qui utilise le procédé du drone (ou bourdon), c'est à dire une note unique et continue.