dimanche 26 avril 2026

Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre (spécialité terminal)

 Domaines du champ des questionnements plasticiens

Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre :

  • L’idée, la réalisation et le travail de l’œuvre. Projet de l’œuvre : modalités et moyens du passage du projet à la production artistique, diversité des approches


La réalisation d'une oeuvre d'Art peut-être complètement spontanée ou préparée en amont. Et même lorsqu'elle semble spontanée, elle met en jeu les apprentissages techniques et théoriques antérieurs. 
Dans le domaine pictural on procède souvent par étapes, comme on peux le voir avec les différentes recherches de Léonard De Vinci pour La Sainte Anne, La Vierge et l'Enfant Jesus (1503-1519).
D'une façon générale les oeuvres de Léonard De Vinci sont basées sur un énorme travail de recherche en amont, dont il nous reste des traces dans ses carnets de croquis. Certains spécialistes pensent même que les différentes versions existantes attribuées à ses élèves pourraient être des prototypes plutôt de des copies.
Ce cours peux faire suite au travail réalisé sur les différentes approches du dessin d'observation (esquisses, croquis, ébauches, schémas...).

Léonard De Vinci, Étude de composition pour la Sainte Anne, v.1500 ou v.1505-1508,
Londres, 
British Museum
De Vinci expérimente une nouvelle approche dans ses carnets, où la forme surgit d'un griffonnage très libre, proche du dessin automatique des surréalistes, et qui s'appuie sur l'observation des nuages ou des taches sur un mur. "Cette liberté, Léonard lui-même l’avait théorisée par la notion de « componimento inculto », dont Daniel Arasse, en son temps, avait souligné l’importance. Cette « composition inculte » est un processus de recherche informelle dont de nombreux dessins nous fournissent l’exemple : une même figure présente diverses attitudes superposées, les membres se multiplient en gestes différents. L’artiste cherche le bon mouvement, l’expression la plus juste de l’idée, à travers des propositions graphiques elles-mêmes en mouvement, qui rappellent étrangement certains maîtres modernes. Or, c’est dès la fin des années 1470, dès la première période florentine, donc, que Léonard abandonne le type de dessin précis et méticuleux propre à ses prédécesseurs et contemporains, pour se livrer à ce genre de recherches « incultes » et broussailleuses." (Sources connaissance des arts)


Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant jouant avec un agneauXVIe siècle, collection particulière.

Étude pour sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus, 1501, Parismusée du Louvredépartement des arts graphiques


Étude pour la tête de sainte Anne, vers 1502-1503, Royaume-Unichâteau de Windsor,
De Vinci va aussi se concentrer sur certains détails comme les visages, les drapés mais aussi l'arrière plan qui s'inspire de paysage réel. Les tableaux de l'Artiste sont uns sorte de synthèse de ses connaissances et de ses recherches du moment en anatomie, optique, géologie, botanique...


Étude pour le drapé de la Vierge, vers 1507-1510, 
Parisdépartement des arts graphiques du musée du Louvre


Études de paysages, vers 1508-1511, château de Windsor

Carton de Burlington House, entre 1499 et début 1501 ou entre 1506 et 1513, 
LondresNational Gallery,


Léonard De Vinci, Sainte Anne, La vierge et l'enfant Jésus, 1503-1519



Nous savons aussi que Nicolas Poussin réalisait des figurines en cires pour travailler l'éclairage de ses tableaux.

Figurine en cire, atelier de Nicolas Poussin

Nicolas Poussin, Le Triomphe de Pan, 1635-1636







Parfois l'artiste fait des croquis et des études avant d'avoir un projet en tête. Cela lui servira de réserve d'images dans laquelle il pourra piocher pour des nombreux projets parfois longtemps après. On retrouve ce type de démarches dans les carnet de voyages d'Eugènes Delacroix ou les études de Rosa Bonheur.

Carnet de voyage au Maroc d'Eugène Delacoix

Joseph Vernet, étude de bateaux


Rosa Bonheur, vingts études d'après des Renards


Rosa Bonheur, étude de Lionne


Collage d'Oldenburg



Avec le dévellopement du marché de l'Art, les collectionneur vont s'intéresser à ces production qui restaient habituellement du domaine de l'atelier. Certains artistes vont donc commencer à partir de la moitié du XXème sécle à y mettre un soin artistique particulier, et à l'intégrer même au processus créatif. 
Le cas de Jeanne Claude et Christo est interessant en ce que ces études préparatoires sont vendues pour financer la réalisation du projet monumental.
Chez les artistes conceptuel, c'est le projet même, l'idée, qui fait oeuvre, dans la ligne directe du Ready-Made inventé par Marcel Duchamp. On vends donc un protocole, plus ou moins détaillé, qui sera à charge de réalisation de l'acheteur. 


Christo, « The Pont-Neuf Wrapped (Project for Paris) », 1985
Mine graphite, pastel, fusain, crayon à la cire, impressions à l’encre et colle sur papier contrecollé sur carton, diptyque : 38 × 244 cm et 106,6 × 244 cm
© Centre Pompidou / photo : Ph. Migeat




Sol Lewitt, Protocole pour un Wall Drawing
(Source)



Robert Mooris, Card File (fichier), 1962
(Source)




Sources:














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