mercredi 10 mai 2017

L'oeuvre de la semaine: Le Peix Dorat de Frank O Gehry et ses liens avec Oldenburg et Van Bruggen

Dans le cadre de la visite à Barcelone de cette année et de la rencontre avec le Peix Daurat de Frank O. Gehry, cet article cherche à analyser les liens formels et sémantique entre l'architecte et le couple  Oldenburg-Van Bruggen.
Ce travail fait suite à la visite de l'an passé avec l'oeuvre Mistos et le jardin labyrinthe d'Horta.
(article à relire en suivant le lien)



Le poisson doré de Barcelone est ce que l'on peux appeler une archisculpture, c'est à dire une structure monumentale de forme artistique.
Elle à été commandé à l'architecte pour les jeux olympiques de 1992, au même moment que la sculpture de Claes Oldenburg, mais se trouve dans le port Olympique de la Barceloneta au pied des deux tours "jumelles" (la tour Mapfre et l'hôtel Arts).
Elle fait face à la mer, mesure 35x54m et se compose d'acier, de pierre et de verre.
Les écailles d'acier qui recouvre la structure brillent au soleil et font voir l'oeuvre de loin.

Le forme de poisson est stylisée en réalité et tend vers l'abstraction. On peux l'approcher de la Blob Architecture. Ce type de forme architecturale arrondie novatrice est rendu possible par l'utilisation de logiciel informatique de modélisation 3D. En pionnier, le cabinet Gehry adapte CATIA, un logiciel de Dassault Systemes destiné aux avions, pour l'appliquer à la construction de bâtiment.
La première application de CATIA dans ce domaine se concrétise avec le Poisson. Le tissage métallique de l'enveloppe est entièrement calculé par ordinateur.

1- L'architecture Poisson

Le motif du poisson est central dans l'oeuvre de Frank Gehry.
En 1983 crée les Fish Lamps pour la société Formica qui souhaite promouvoir un nouveau matériau plastique. Avec leurs écailles en ColorCore, ces lampes donnent l'effet de poissons réels en mouvement.

Frank O Gehry, Fish Lamps
The GFT Fish by Frank Gehry, 1985-1986

En 1985 GFT Fish est une folie architecturale qui représente un poisson à grande échelle et trouve un prolongement dans le restraurant Fishdanse à Kobe (japon, 1987).

FISH DANCE RESTAURANT, KOBE JAPAN

Dans son livre Claes Oldenburg et Cosje van Bruggen: La sculpture comme subversion de l'architecture (Les presses du réel, 2012), Eric Valentin écrit que "les images du serpent et du poisson vont orienter Gehry vers les idées de changement, de mouvement, de fluidité et de dynamisme dont le musée Vitra (1987-89) est la première expression la plus convaincante. Le motif à écailles du poisson et de la peau de serpent seront à l'origine des revêtements de plusieurs de ses édifices, notamment du musée de Bilbao (1991-97)." (C'est pour les jardins de ce musée que le couple Oldenburg propose la sculpture en mouvement Balancing Tools)

Détail du Guggenheim Bilbao
Frank Gehry, croquis pour le Musée Guggenheim de Bilbao

La sculpture d'Oldenburg/ Van Burggen Balancing Tools devant le musée Vitra de Gehry


C'est à cette époque que nait la sculpture du Peix de Barcelone, dont la forme est inscrite dans le musée de Bilbao.
Petit à petit la forme du poisson devient plus stylisée jusqu'à être totalement abstraite.
C'est le cas du squelette de poisson qui constitue l'intérieur de la DG Bank Building de Berlin (1995-2001). "C'est la forme, le volume, les écailles, le squelette du poisson et son profil dynamique qui se sont imposés dans l'art de Gehry plus que son image et sa symbolique", dit encore Eric Valentin.


Dessin en coupe de la DG Bank Building


Vue interieur de la DG Bank Building

2- L'influence reciproque Oldenburg/Ghery


Hat in three stages of landing photo by F R Childers Photography

Hat in three stages of landing est une sculpture publique du couple Oldenburg/Van Bruggen, faite en 1982 à Salinas (Californie, USA). Ces trois chapeaux évoquant des passoires, faites pour s'abriter du soleil et se réunir, sont une réflexion subtile sur l'immigration en Californie.
Déjà la surface ajourée de l'oeuvre peux évoquer celle du poisson dorée.

Toppling Ladder with Spilling Paint | photo by catfuzz

A l'inverse, une oeuvre du couple Oldenburg/Van Bruggen représentant une échelle, fait référence à l'approche de Gehry. En effet, Toppling ladder with spilling paint (1984), reprend le grillage qui se retrouve dans l'architecture de Gehry, notamment dans le Peix Daurat. Eric Valentin note que "ce sont les matériaux bruts utilisés par l'architecte qui interessent les artistes Pop: le treillis d'acier, le contre-plaqué brut, le mâchefer ou la tôle ondulée d'aluminum. (...). Oldenburg, utilisateur de matériaux décriés comme le vinyle s'est reconnu dans les matériaux pauvres employés par Gehry."
Les deux artistes semblent affectionner les structures ajourées et inachevées ainsi que les volumes abstraits et dynamiques.
On retrouve ce principe dans plusieurs sculptures des Oldenburg, comme Batcolumn ou book of note.


Oldenburg/Van Bruggen, Batcolumn, 1977, Chicago, cette batte de baseball géante en grillage est une critique de la violence des gratte-ciels américains typique de cette ville
Oldenburg / Van Bruggen, Bottle of note, 1993
D'autres oeuvres ou projets d'Oldenburg vont influencer très directement l'architecture de Frank O. Gehry. C'est le cas de London knees pour le National-Nerlanden Building ou des plusieurs sculptures molles pour pour le Experience music project.


Oldenburg, collage pour une architecture érotique

Oldenburg, valise du projet  London knees contenant maquette et dessins, 1966 
La maison dansante à Prague, par Vlado Milunić et Frank Gehry
Claes Oldenburg, Giant Soft Drum Set, 1967

Feasible monument for city square (Hats blowing in the wind) Claes Oldenburg, 1969
Frank O. Gehry, croquis pour l'experience music project
EMP Museum at Seattle Center, Experience Music Project, designed by Frank Gehry, Seattle


Mais c'est lors de collaborations que le trio va d'avantage s'influencer l'un l'autre.

L'agence Chiat/Day, en Californie


En 1985, Gehry reçoit la commande d'un bâtiment pour une agence de publicité de Los Angeles, en Californie. Son édifice se compose de trois parties et il propose à son couple d'ami artiste de réaliser, pour celle du milieu, un projet d'oeuvre dont il possède une maquette: Une paire de jumelles.
Ce qui intéresse Gehry dans les dessins et maquettes de jumelles d'Oldenburg c'est, il est amusant de le noter, sa parodie de la symétrie de l'architecture de Palladio et de l'architecture classique.



Cette critique de l'architecture Palladienne et surtout de son utilisation dans la culture anglo-saxonne (la Maison Blanche par exemple) se retrouve dans la performance de la biennale de Venise de 1984, Il Corso del Coltello, pour laquelle nos trois amis collaborent aussi. Le costume que Gehry s'est fait pour l'occasion est une parodie de colonne palladienne.

Plan et élévation de la villa Barbaro de Palladio, construite à Maser, près de Venise en 1560
Capitole des états-unis à Washington construit en 1793

Frank O. Gehry dans son costume d'architecture palladienne molle lors de la performance d'Oldenburg à la biennale de Venise


Eric Valentin, encore, souligne que Frank Gehry "propose de s'extraire de la référence fétichiste de Palladio à Rome, aux mathématique et à la proportion. Les spirales et les courbes irrégulières de son bestiaire comique s'attaquent à l'ordre que représente l'austère et géométrique architecture palladienne."
C'est dans cette performance vénitienne surtout que l'on retrouve l'esprit commun du burlesque, du carnavalesque et du satirique chez les trois artistes, et dont nous avions parlé pour Mistos.
Le poisson fait ce trait d'union entre Gehry et Oldenburg sur le terrain de la vanité carnavalesque et du festin Rabelaisien. On pense aux sculptures de nourritures des débuts de l'artiste Pop.

Oldenburg,  Leaning Fork with Meatball and Spaghetti II, 1994 

C'est dès les années 80 que Frank Gehry délaisse les volumes géométriques pour des ossatures géométriques aux courbes irrégulières, masses molles et fluides évoquant les objets mous d'Oldenburg.

Oldenburg dit à propos de ses collaboration avec Frank Gehry:"Il n'y a aucune frontière entre art et architecture quand nous travaillons ensemble".

Un point commun important chez Frank Gehry et Oldenburg/Van Bruggen est celui de la fragmentation et de la déconstruction, que l'on retrouve dans notre fameuse Bicyclette Ensevelie, mais aussi dans Mistos ou Flying pins.


LA BICYCLETTE ENSEVELIE, PARC DE LA VILLETTE, PARIS 1990

"Une sculpture public comme Bicyclette ensevelie, à Paris, permet de saisir comment Oldenburg comprend la déconstruction. Bicyclette ensevelie est installé dans le Parc de la Villette dessiné par Bernard Tschumi. Elle s'intègre dans la trame des "folies" de l'architecte qui sont liées à la déconstruction architecturale d'un cube. Pour sa part, avec sa demi-roue géante, Bicyclette ensevelie est une parodie de la Géode (...). La référence architecturale de la Géode est le Cénotaphe de Newton conçu par Etienne-Louis Boullé. Bicyclette ensevelie est une parodie de l'architecture ensevelie" de Boullé et de son esthétique grandiose des ruines. Elle déconstruit de manière ironique et ludique le goût de l'architecte pour le colossal, qui hante d'ailleurs la Cité des sciences et de l'industrie d'Adrien Fainsibler. Le Cénotaphe à Newton est lié à un culte irrationnel des grands hommes et à une sanctification absurde des sciences et de la raison. La sculpture d'Oldenburg rabaisse cette monumentalité sacré.(...) La déconstruction a pour but d'inquiéter toutes les figues de la maîtrise et du pouvoir dont l'architecture est la métaphore traditionnelle", poursuit Eric Valentin.

Dessin du Parc de la Villette par Bernard Tschumi
Maquette des folies de Bernard Tschumi

Projet utopique dessiné du Cénotaphe à Newton d'Etienne-Louis Boullé

La bicyclette ensevelie est donc un commentaire des œuvres qui l'entourent, comme les folies de Tschumi mais aussi les fauteuils de Philippe Starck


3-La folie architecturale comme pont entre le sculpté et le bâti

Le terme de folie architecturale désigne à l'origine une maison de campagne bourgeoise du XVIIIeme siècle, inspiré par l'architecture de la Renaissance italienne, et plus particulièrement de Palladio. En cela la Villa Barbaro est un exemple en tout point pour les architèctes néo-classiques. Le mot de folie s'utilise aussi pour les constructions de jardin copiant le styles de pagodes asiatiques, de temples grecs ou de ruines médiévales.
C'est le type de construction que nous avons pu rencontrer l'an passé dans le jardin néo-classique d'Horta, avec son labyrinthe, son pavillon Palladien, sa fontaine grotesque, sa pagode chinoise et ses petits temples antiques.
On peux la rapprocher par extension aux constructions insolites, ces maisons figuratives en formes d'objets.

Dans le Parc d'Horta à Barclone le pavillon de Carlos IV se trouvant sur une esplanade encore plus élevée, est abrité par la végétation luxuriante. D’inspiration italienne, il évoque la Villa Capra de Palladio. Ses murs sont couverts de reliefs dédiés aux arts, à la science, à la guerre et à la paix.
Le Désert de Retz est un jardin anglo-chinois créé à la fin du XVIII siècle par un aristocrate, François-Nicolas-Henri Racine de Monville. La colonne détruite du Désert de Retz est fabriqué pour donner l'effet d'une tour médiévale en ruine. L'esthétique de la ruine de ces jardins français et anglais sont une référence de la bicyclette ensevelie d'Oldenburg.

Les folies de Bernard Tschumi dans le Parc de la Villette servent à se repérer dans l'espace. Elles sont alignés selon un schéma mathématique sur des droites et des obliques. La trame de grille à pour fonction de corriger la forme irrégulière du site. Ces mini-bâtiments, variation constructiviste et minimaliste sur le cube ont pour fonction d'orienter le visiteur. Ces folies sont liée à une approche industrielle et de production de masse de l'architecture.
Pour Eric Valentin toujours, " Bicyclette ensevelie réintroduit manifestement de l'irrégulier, de l'incohérence, du démesuré dans la trame des folies de Taschumi. Oldenburg à associé sa sculpture à Jour de fête de Jacques Tati, qui est , entre autres, une critique burlesque du mythe de la technique. L'artiste Pop, dans le sillage de Playtime de Tati et de sa satire éblouissante du modernisme architectural et urbain, prend ses distance par rapport à Tschumi et à son adhésion quelque peu anachronique à un modernisme industriel, ensorcelé par les idées de série, de massification, de neutralité, de fonctionnalité".




Dans un questionnement sur la frontière entre Art et Architecture, Oldenburg et Gehry s'appui sur un livre de Robert Venturi, l'enseignement de Las Vegas (1972). Dans ce livre, Venturi analyse les construction insolite, souvent publicitaire, qui prennent des formes curieuses et originales, souvent des formes d'objets devenus géants. Il baptise ce style "architecture canard", en référence à la boutique Big Duck, construite en 1930 à Long Island.
Oldenburg fait un clin d'oeil direct à l'architecture canard dans un dessin préparatoire à la bicyclette ensevelie.

Le Big Duck de Martin Maurer, construit dans les années 1930

Oldenburg, étude pour la bicyclette ensevelie, 1987
Quelques exemple d'architecture canard. On remarque que la nourriture y est largement représenté.

Siège social de The Longaberger Company (en) à Newark dans l'Ohio




Eric Valentin note qu'en 1983 Gehry "réalise la maquette d'une "folie" architecturale intitulée Folly: the prison Project. Il s'agit d'un édifice en forme de poisson géant et d'une sculpture, un serpent lové sur lui même. L'architecture zoomorphe d'Oldenburg, comme le Mouse Museum (1976) a une évidente parenté avec ce projet de Gehry. L'idée de "folie" signale la volonté de Gehry d'explorer les marges excentrique de l'architecture (...). Gehry teste les virtualités artistiques et architecturales du "canard" que Venturi critique dans L'enseignement de Las Vegas, dans la mesure où il subordonne l'architecture à la sculpture. (...). Avec son projet de "folie", Gehry se démarque du symbolisme inavoué de l'architecture moderniste et prend clairement position en faveur d'une architecture sculpturale. Les poissons présents dans les oeuvres de Gehry, au début des année 1980, sont liés à des souvenirs d'enfance. En pensant son architecture autour de la figure du poisson, Gehry commence à associer ses édifices à son autobiographie".
Ainsi, par l'architecture figurative et la charge biographique de ses bâtiment, Frank O. Gehry milite pour une architecture qui s'éloigne fortement du modernisme dépersonnalisant. C'est une vision sociale et politique neuve au milieu des blocs de béton fonctionnalistes et des tours de verres impérialistes qui font le paysage urbain d'aujourd'hui. Et Oldenburg ne dit pas autre chose, lorsqu'il érige une sculpture pénétrable de coquillage à Séoul en 2006.


Deux maquettes de Frank Gehry pour Folly: The prison project
Oldenburg/Van Bruggen, Sping, Séoul, 2006


vendredi 5 mai 2017

La grande Lessive

Quelques images de la grande Lessive du mois passé, sur le thème: Ma vie vue d'ici













jeudi 4 mai 2017

Jeu point bonus

Si vous trouvez la réponse à cette énigme avant vendredi prochain, vous gagnez un point bonus sur le prochain travail.
Laissez votre réponse en commentaire de ce poste avec votre prénom, la premier lettre de votre nom et votre classe (exemple: Pablo P. 6H).Tous les commentaires et la réponse seront publiés vendredi prochain.

Quelles personnalités de l'actualité politique française sont représentées dans les caricatures ci-dessous ?









vendredi 28 avril 2017

L'oeuvre de la semaine: Les mécènes des Oeuvres au programme


Un mécène est une personne qui apporte un soutien financier à un artiste. Le mot viens d'un homme politique de la Rome antique, Caius Cilnius Mæcenas, ayant consacré sa fortune à promouvoir les Arts et les Lettres.

La Villa Barbaro di Maser peinte par Veronèse est la propriété des frères Barbaro, personnages politiques riches et influents de la République de Venise.
Daniel Barbaro (1514-1570) est un mathématicien, astronome et musicologue connu pour sa traduction en italien du traité latin De Arcitectura de Vitruve (vers -15 AV JC)

Paolo Veronèse, Portrait de Daniel Barbaro, 1556

Dans ce portrait peint par Véronèse, il est représenté avec ce fameux traité, que l'on voit agrandie dans le détail ci-dessous. Avec cette image il impose au monde une image d'homme de lettres.


Veronese, Portrait de Daniele Barbaro, 1562-1570

Une page du traité d'architecture de Vitruve. Ce texte est le plus ancien traité d'architecture connu.

 De Architectura, edition de Daniele Barbaro, 1557
 Daniel Barbaro est aussi l'auteur d'un traité sur la perspective, pratica della perspectiva (1568) et d'écrits sur les effets de la peinture murale sur le spectateur. C'est donc un mécène qui pratique le dessin, écrit des livres de référence pour le milieu artistique et s’intéresse de très près à l'architecture.

Daniel Barbaro, Couverture du livre La Pratica della Perspettiva, Venise 1568

Page du traité de perspective

Mercantonio Barbaro (1518-1595), son frère est un homme politique pratiquant les Arts (dessin, peinture, sculpture...)

Tintoretto, Portrait de Marcantonio_Barbaro, 1593

Portrait de Marcantonio Barbaro attribué à Paul Veronèse
 Sur le plafond de la Villa Barbaro on retrouve un portrait de femme sur un balcon que l'on pense être la femme de Daniel Barbaro.



La villa Barbaro, construite entre 1550 et 1560, à Maser, dans la campagne vénitienne est conçu comme un manifeste pour imposer une nouvelle esthétique architecturale.  Elle à été construite par l'architecte Palladio, en étroite collaboration avec Daniel Barbaro.
Plus d'infos sur la Villa et la famille Barbaro ici:

Vue aérienne le la Villa Barbaro

Dessin axonométrique de la Villa Barbaro avec coupe du bâtiment principal 
Barbaro est une famille patricienne et noble de Venise, venue de Trieste au ixe siècle. Ils occupèrent des emplois publics dès 992, tel que procurateurs de Saint-Marc, sénateurs, ambassadeurs et généraux. Ils rejoignirent la noblesse par cooptation en 1310 à l'issue de la guerre de Gênes.
  • Francesco Barbaro fut au xve siècle chevalier et procurateur; il défendit Brescia contre Visconti, duc de Milan ; il fut envoyé ambassadeur auprès de l'empereur Wenceslas.
  • Antonio Barbaro se distingua comme duc de Candie (1667) et ambassadeur à Rome; ses richesses servirent à refaire la façade de l'église Santa Maria del Giglio en marbre grec et d'y placer la statue de Francesco Barbaro.
  • Hermolao Barbaro(1454-1493), ambassadeur auprès d'Innocent VIII, fut fait patriarche d'Aquilée contre l'avis de Venise; il édita lHistoire naturelle de Pline corrigée, un abrégé de Philosophie, des questions de géométrie et de Médecine, des lettres et traités sur diverses matières.
  • Nicolò Barbaro (1420-1494), ambassadeur de Venise à Constantinople en 1453.
  • Josaphat Barbaro, explorateur.
  • Daniel Barbaro, diplomate et écrivain (1514-1570). (source Wikipédia)

Le blason de la Famille Barbaro

La famille Barbaro est puissante et influente dans la région de Venise. Ils possèdent plusieurs palais dans différents points de la Ville dont voici quelques exemples:



Veronèse, comme beaucoup d'artistes de l'époque, travaille presque exclusivement sur commande et fera de nombreuses fresques pour la République de Venise.
En voici une chronologie sélective:
"En 1548, il quitte sa ville natale et, grâce à sa renommée grandissante, il obtient et exécute plusieurs commandes. Il se rend quelque temps à Trévise où, en 1551; l'architecte Michele Sanmicheli le charge, avec le peintre Giovanni Battista Zelotti de décorer la villa Soranza, près de Castelfranco Veneto, qu'il venait de construire. Son travail y est remarqué par le cardinal Ercole Gonzague qui, l'année suivante, lui commande un tableau pour la cathédrale de Mantoue, la Tentation de saint Antoine (musée des beaux-arts de Caen).
Par la suite, il décore la villa Emo à Fanzuolo, un hameau de la commune de Vedelago dans la province de Trévise, construite par l'architecte Andrea Palladio, qu'il avait rencontré à Vicence. On lui confie également la décoration du palais du Collatéral, à Thiene où, toujours en compagnie de Giovanni Battista Zelotti, il réalise, dans un style déjà très libre et personnel, plusieurs peintures de l'histoire ancienne (Xerxès recevant les présents de Cyrus, le Mariage de Massinissa et de Sophonishe, Mucius Scaevola se brûlant le poing, le Festin d'Antoine et de Cléopâtre).

En 1552, il obtient une première commande pour l'église San Francesco della Vigna à Venise pour laquelle il réalise la Conversation sacrée. L'année suivante, sa réputation toujours grandissante amène le père Bernado Torlioni, prêtre de l'église San Sebastiano à Venise que Véronèse avait rencontré à Vérone, à le faire venir auprès de lui pour lui confier les peintures de l'église.
Il s'installe donc à Venise en 1553. Les commandes officielles sont nombreuses car il est devenu le « peintre de la République ». Il réalise notamment, en compagnie des peintres Giambattista Ponchino (it) et Giovanni Battista Zelotti, les fresques des salles du conseil des Dix au palais des Doges. Véronèse exécuta notamment un médaillon qui décorait, en son centre, le plafond de la Salle des audiences : Jupiter foudroyant les Vices. Il décore également la salle de la Boussolla d'un Saint Marc couronnant les Vertus qui est à présent au musée du Louvre.
En 1555, il entreprend la réalisation du plafond de la sacristie de l'église San Sebastiano avec le Couronnement de la Vierge et les Quatre évangélistes. On lui demanda ensuite des panneaux ronds, ovales ou carrés, destinés à être insérés dans le plafond de la nef. Il y raconte trois scènes du Livre d'Esther, entourées d'anges, de balustrades décoratives et de figures allégoriques : Esther présentée au roi Assuérus, le Couronnement d'Esther et le Triomphe de Mardochée achevées le , onze mois après leur commande. Cette série de chefs-d'œuvre a fait de cette petite église un lieu de pèlerinage pour tous les peintres postérieurs.
Avec le soutien de Titien et Jacopo Sansovino, il est désigné, avec six autres peintres célèbres dont Battista Franco, Giuseppe Porta, Bartolomeo Ammannati et Le Tintoret, pour participer à la décoration du plafond de la salle de la Libreria de la Biblioteca Marciana (ou bibliothèque Saint-Marc). Il réalise notamment trois allégories (la Musique, la Géométrie et l'Arithmétique, l'Honneur) pour lesquels il obtint une prime, un collier d'or, qui lui est décerné publiquement par Titien.
Veronèse retourne quelques mois à Vérone, sa ville natale. De ce séjour, il laissera une série de peinture dans plusieurs édifices dont l'église Santa Maria della Vittoria (Déposition de Croix) et le musée municipal (Portrait de Pace Guarienti).
En 1562, Véronèse entreprend la décoration de la villa Barbaro à Maser en Vénétie appartenant à Daniel Barbaro et son frère, Marcantonio. Ceux-ci avaient engagé le célèbre architecte Andrea Palladio en 1556 pour la construction de leur villa et ils confièrent ensuite la décoration picturale à Véronèse que Daniel Barbaro avait rencontré vers 1553, lorsqu'il exécutait ses compositions pour la Salle des audiences au palais des Doges. Véronèse réalise dans cette villa des fresques qui marquent l'apogée de son art parmi lesquelles il faut citer L'Harmonie universelle, ou L'Amour divin entouré des dieux olympiques, Vénus et Vulcain avec Proserpine ou bien encore Bacchus et les nymphes. De très nombreuses pièces sont décorées des fresques de Véronèse et, partout, l'espace architectural est mis au défi grâce à l'usage de trompe-l’œil d'illusions picturales.
C'est à cette même période, entre 1562 et 1563, que Véronèse peint la plus célèbre de ses œuvres, Les Noces de Cana2 qui lui avait été commandée pour le réfectoire du monastère bénédictin de Penquesten situé sur l'Île de San Giorgio Maggiore, à Venise. Comme dans d'autres tableaux de Véronèse représentant un banquet3, la scène reflète les festivités qui étaient courantes à l'époque dans la vie vénitienne. La peinture est immense avec presque dix mètres de large et elle contient plus d'une centaine de personnages, dont les portraits reconnaissables de Titien, de Tintoretto, et de Véronèse lui-même.
Entre 1575 et 1577, Véronèse réalise, au palais des Doges, le Triomphe de Venise pour la salle du Grand Conseil et les Allégories de la Vertu pour la salle du Collège qui comptent parmi ses grands chefs-d’œuvre." (source: Wikipedia)




La Bicyclette Ensevelie de Claes Oldenburg et Cosjee Van Bruggen est une commande de l'établissement public du Parc de la Villette (Paris 19eme arr) dans le cadre des grandes commandes d'Art public lors du premier mandat du président le la Rébulique François Mitterrand (Création des Frac et relance de la commande public pour augmenter le patrimoine artistique). 
La commande est passée en 1985 et acceptée en 86. Mais les négociation entre les différents acteurs du projet sont longue et mettent en péril le projet. C'est la présentation de la maquette au ministre de la culture qui facilitera son installation définitive en 1990.


Le couple d'artiste, qui est toujours très soucieux d’intégrer leurs œuvres dans l’environnement, a cherché, par les formes et les couleurs, à entrer en résonance avec les œuvres déjà présentes, comme les architectures de Bernard Tschumi, les chaises de Philippe Starck, la fontaine de Manolis Marikadis ou la Géode.

Vue aérienne du parc

Les “Folies” du parc de La Villette.

Le projet du Parc de la Villette prévoyait des activités diverses : culturelles, pédagogiques, sportives, de loisirs, sur un site de 55 hectares. La réalisation architecturale du parc a été confiée en 1983 à Bernard Tschumi architecte français d'origine suisse, suite au concours international. Au lieu  d’ajouter un nouveau bâtiment, Bernard Tschumi décida de construire  26 lieux disséminés à travers tout le site, “Les Folies“. Une « galerie » rectiligne couverte d'un toit en forme d'onde fait la liaison entre le nord et le sud.  Les vingt-six Folies du Parc de la Villette, réparties tous les 120 mètres, dessinent une grille éclatée sur l’ensemble du site. Certaines ont une fonction (restaurant, café, poste de secours, ateliers…), d’autres pas. Toutes conçues sur le principe de déclinaison d’un cube rouge de 10,8 mètres de côté, elles sont plus ou moins ajourées, et laissent apparaître une structure de 27 cubes plus petits, de 3,6 mètres de côté. Leur nom générique, « folie », structures pittoresques à découvrir le long du parc de La Vilette. 

© Photos Didier Raux - www.didier-raux.com - Press-book Archi

© Photos Didier Raux - www.didier-raux.com - Press-book Archi
Dessin des Folies de Bernard Tschumi. On retrouve certaines couleurs de la bicyclette et un jeu de formes minimaliste mais ludique.
STARCK Philippe, 155 Sièges pivotants du Parc de la Villette, 1984

Sygma antigravitationnel de Manolis Maridakis face à la Géode. Photo:© CSI/M. Lamoureux  Construite par les architectes Adrien Fainsilber et Gérard Chamayou, elle fut inaugurée le  par le président de la République François Mitterrand.
La page officielle de l'oeuvre sur le site des artistes: http://oldenburgvanbruggen.com/largescaleprojects/buriedbicycle.htm




Bill Viola travaille assez peu sur commande, contrairement à Oldenburg qui travaille presque exclusivement de cette manière, en piochant dans ses dessins et maquettes pour répondre à des projets d'Art public.
Pour le cas de Bill Viola on peux tout de même évoquer The Passions qui est le fruit des recherches menées en 1998 à l’initiative de Salvatore Settis, alors directeur du Getty Research Institute, qui lui proposa d’explorer la représentation des passions. Une page est largement dédiée à ce corpus d’œuvres sur cette page du blog:
http://artsplastiqueslcf.blogspot.com/2016/04/bill-viola-et-la-reference-la-peinture.html

Mais si on veux s’intéresser à une oeuvre de commande pour un lieu précis, comme c'est le cas pour les deux autres références du programme, on peux trouver un exemple intéressant.

Bill Viola, Martyrs (Earth, Air, Fire, Water), 2014

Les martyres (Terre, Air, Feu, Eau) est un retable contemporain composé d'écrans vidéo (dont certaines images issue du Tristan et Iseult). C'est une commande de la cathédrale St Paul de Londres et de la Tate moderne qui représente 10 ans de travail et qui à été payé par du mécénat privé.
L'oeuvre est exposée derrière l'autel de l'église pour une durée de 10 ans.

Une explication très complète se trouve sur la page de l'artiste, en anglais:
http://billviolaatstpauls.com/martyrs/


La Cathédrale conçue par Christopher Wren date du 17eme siècle et remplace une ancienne détruite dans le grand incendie de 1666. Y sont enterré quelques grands hommes et artistes (Van Dyck, Turner...).
Dans une interview l'artiste Bill Viola expliquait:
"La cathédrale Saint-Paul voudrait bien attirer vers elle un peu des cinq millions de visiteurs qui se rendent chaque année à la Tate Modern, située en face, au-delà du Millenium bridge. Ce sont des polyptyques permanents, comme à la Renaissance. Dans une chapelle, il y aura un triptyque évoquant la vie de la Vierge dans le désert (elle devrait ouvrir en 2015) et dans une autre chapelle, un polyptyque inauguré en mai dernier, en quatre écrans évoquant les Martyrs. L’art est là pour exprimer les sentiments. Il doit reproduire, chaque fois à sa manière, les grandes histoires de l’homme, les grandes expériences que l’humanité a connue, génération après génération. Chaque génération d’artistes doit repenser et refaire ces histoires et idées de l’humanité pour pouvoir mieux refléter le monde contemporain. "

Cathedrale St Paul

Bill Viola à été sollicité par le Vatican pour représenter le micro Etat pontifical lors de sa première participation à la Biennale de Venise en 2013. Il a décliné l’invitation mais reste attaché à la présentation de ces pièces dans des églises. L'image vidéo, dans la pénombre et le silence des ces lieux de culte, diffuse une lumière proche de celle des vitraux ou des icônes dorées éclairées à la bougie.
"Rares sont les artistes qui trouvent leur place autant dans les lieux de culture que les lieux de culte. La vision spirituelle de Bill Viola l’a amené à être exposé dans des églises et des cathédrales : sa recherche de la transcendance, à travers des thèmes comme la vie après la mort, ou le baptême, ont justifié son entrée dans les lieux sacrés.
L'artiste utilise la technologie comme une force spirituelle. Leurs forces et leurs faiblesses sont transposables à celles de l’être humain : dans Heaven and Earth, deux vidéos, l’une représentant la naissance et l’autre la mort, sont diffusés sur des écrans cathodiques retenus par de simples fils de fer : on lit dans la fragilité du support celle de ses sujets. L’essence même du numérique est impalpable, conceptuelle, métaphysique. Et nous-même, sans la spiritualité, ne sommes plus qu’un code, reconnus par notre ADN. En ajoutant la spiritualité à ses vidéos, Bill Viola les rend œuvre d’art. Avec leur âme, les artistes font ce que ceux qui ont créé les machines n’auraient jamais imaginé. « Tous les arts créatifs sont une recherche de l’immortalité », explique Bill Viola." (Source: Grandpalais.fr)