Le pigment rose, autrefois rare et coûteux, a connu une évolution majeure grâce à la découverte de nouveaux colorants au XIXe siècle, comme le rose de quinacridone ou le rose de cadmium. À la Renaissance, le rose était souvent obtenu en mélangeant du rouge (comme le carmin) et du blanc, ce qui le rendait fragile et peu stable. Dans l’Art, le rose symbolise traditionnellement la douceur, l’amour et la féminité, mais il a aussi été utilisé pour évoquer la spiritualité (comme dans les fresques médiévales) ou la subversion (avec les œuvres pop art d’Andy Warhol ou les performances de Yoko Ono). Aujourd’hui, le rose est une couleur polyvalente, tantôt tendresse, tantôt provocation.
Critères de notations:
- Travail sur la couleur
- Plasticité
- Originalité
Références artistiques:
Raoul Dufy, 30 ans ou la vie en rose, 1931
Pablo Picasso, Les demoiselles d'Avignon, 1907 Moma New-York
Sandro Botticelli, Venus et Mars, 1483
Jean-Honoré Fragonard, L’Escarpolette, 1767 Peinture à l’huile – France – Wallace Collection, Londres
Mary Cassatt , La Toilette,1893 Peinture à l’huile – États-Unis – Musée d’Art moderne, Paris
Domaines de la formalisation des processus et des démarches de création : penser l’œuvre, faire œuvre :
L’idée, la réalisation et le travail de l’œuvre. Projet de l’œuvre : modalités et moyens du passage du projet à la production artistique, diversité des approches
La réalisation d'une oeuvre d'Art peut-être complètement spontanée ou préparée en amont. Et même lorsqu'elle semble spontanée, elle met en jeu les apprentissages techniques et théoriques antérieurs.
Dans le domaine pictural on procède souvent par étapes, comme on peux le voir avec les différentes recherches de Léonard De Vinci pour La Sainte Anne, La Vierge et l'Enfant Jesus (1503-1519).
D'une façon générale les oeuvres de Léonard De Vinci sont basées sur un énorme travail de recherche en amont, dont il nous reste des traces dans ses carnets de croquis. Certains spécialistes pensent même que les différentes versions existantes attribuées à ses élèves pourraient être des prototypes plutôt de des copies.
Ce cours peux faire suite au travail réalisé sur les différentes approches du dessin d'observation (esquisses, croquis, ébauches, schémas...).
Léonard De Vinci, Étude de composition pour la Sainte Anne, v.1500 ou v.1505-1508, Londres, British Museum De Vinci expérimente une nouvelle approche dans ses carnets, où la forme surgit d'un griffonnage très libre, proche du dessin automatique des surréalistes, et qui s'appuie sur l'observation des nuages ou des taches sur un mur. "Cette liberté, Léonard lui-même l’avait théorisée par la notion de « componimento inculto », dont Daniel Arasse, en son temps, avait souligné l’importance. Cette « composition inculte » est un processus de recherche informelle dont de nombreux dessins nous fournissent l’exemple : une même figure présente diverses attitudes superposées, les membres se multiplient en gestes différents. L’artiste cherche le bon mouvement, l’expression la plus juste de l’idée, à travers des propositions graphiques elles-mêmes en mouvement, qui rappellent étrangement certains maîtres modernes. Or, c’est dès la fin des années 1470, dès la première période florentine, donc, que Léonard abandonne le type de dessin précis et méticuleux propre à ses prédécesseurs et contemporains, pour se livrer à ce genre de recherches « incultes » et broussailleuses." (Sources connaissance des arts)
Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant jouant avec un agneau, XVIe siècle, collection particulière.
Étude pour la tête de sainte Anne, vers 1502-1503, Royaume-Uni, château de Windsor, De Vinci va aussi se concentrer sur certains détails comme les visages, les drapés mais aussi l'arrière plan qui s'inspire de paysage réel. Les tableaux de l'Artiste sont uns sorte de synthèse de ses connaissances et de ses recherches du moment en anatomie, optique, géologie, botanique...
Léonard De Vinci, Sainte Anne, La vierge et l'enfant Jésus, 1503-1519
Nous savons aussi que Nicolas Poussin réalisait des figurines en cires pour travailler l'éclairage de ses tableaux.
Figurine en cire, atelier de Nicolas Poussin
Nicolas Poussin, Le Triomphe de Pan, 1635-1636
Parfois l'artiste fait des croquis et des études avant d'avoir un projet en tête. Cela lui servira de réserve d'images dans laquelle il pourra piocher pour des nombreux projets parfois longtemps après. On retrouve ce type de démarches dans les carnet de voyages d'Eugènes Delacroix ou les études de Rosa Bonheur.
Carnet de voyage au Maroc d'Eugène Delacoix
Joseph Vernet, étude de bateaux
Rosa Bonheur, vingts études d'après des Renards
Rosa Bonheur, étude de Lionne
Collage d'Oldenburg
Avec le dévellopement du marché de l'Art, les collectionneur vont s'intéresser à ces production qui restaient habituellement du domaine de l'atelier. Certains artistes vont donc commencer à partir de la moitié du XXème sécle à y mettre un soin artistique particulier, et à l'intégrer même au processus créatif.
Le cas de Jeanne Claude et Christo est interessant en ce que ces études préparatoires sont vendues pour financer la réalisation du projet monumental.
Chez les artistes conceptuel, c'est le projet même, l'idée, qui fait oeuvre, dans la ligne directe du Ready-Made inventé par Marcel Duchamp. On vends donc un protocole, plus ou moins détaillé, qui sera à charge de réalisation de l'acheteur.