Comme le montre la petite vidéo, l'abstraction n'est pas le fait d'un artiste isolé mais le résultat progressif des recherches de plusieurs personnes dans toute l’Europe du début du XXème siècle.
Historiquement la première oeuvre abstraite est une aquarelle de l'artiste russe Wassily Kandinsky de 1910. Mais il semblerait que cette petite oeuvre soit de 1913 et que l'artiste l'ait anti-datée pour être reconnu comme l'inventeur de l'abstraction.
Sa determination à vouloir faire partie de l'histoire de l'Art se matérialise dans la création d'une école, l'écriture d'articles et d'un livre fondamental pour la peinture abstraite: du spirituel dans l'Art.
Ce livre publié en 1911 fait état d'une vision mystique et transcendantale de l'Art.
« Une oeuvre d’art n’est pas belle, plaisante, agréable. Elle n’est pas là en raison de son apparence ou de sa forme qui réjouit nos sens. La valeur n’est pas esthétique. Une oeuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul. »
Wassily Kandinsky, Sans titre, 1910 ? Aquarelle et encre de Chine sur papier, 49,6 x 64,8 cm
Déjà, avant 1910, Wassily Kandinsky se libère de la couleur et du ton local dans des paysages expressionnistes aux couleurs vives. On raconte que l'idée d'une peinture abstraite serait venue au peintre en voyant un de ses tableau posé à l'envers dans l'atelier.
Kandinsky, Paysage de montagne et église, 1910
Plus probablement Kandinsky est marqué par la vulgarisation du monde scientifique dans des revue et la nouvelle perception du réel qu'offre la photographie au microscope. Les tableau de l’artiste peuvent être inspiré par ces images de la vie microscopique.
Kandinsky est aussi influencé par la musique de son ami Arnold Schoenberg dont les tableaux peuvent être une transposition visuelle (Question aux élèves: est-il possible de représenter la musique ?). Les titres des tableaux sont d'ailleurs souvent Composition ou Improvisation et joue sur les rythmes et les tonalité.
Kandinsky, Composition VIII, 1923, huile sur toile
Kandinsky, Jaune, rouge, bleu, 1915
Au Pays-Bas Piet Mondrian cherche à la même époque à dépasser les principes du cubisme qui consiste à affirmer la planéité de la surface et éclater la forme en de multiple points de vues, comme une sorte de nouvelle dimension de la vision.
Sa série sur l'arbre, réalisée entre 1908 et 1912, nous montre une tentative de synthèse du réel qui débouchera sur un vocabulaire réduit à l'essence de l'Art: Lignes horizontales et verticales, aplats de couleurs primaires, cyan, jaune, magenta.
évolution du style de Mondrian depuis l'arbre rouge (1908-10) jusqu'aux compositions géométriques qui feront sa célébrité
En 1917, Piet Mondrian et Théo Van Doesburg fondent la revue De Stijl ("le style") qui deviendra rapidement un mouvement artistique englobant peinture, design et architecture et posera les bases de l'école du Bauhaus.
On peux voir sur ce montage qui utilise la trame d'un tableau de Mondrian, Un couverture de la revue, la maison Schroder et la chaise rouge-bleu de Rietveld et un tableau de Van Doesburg qui travaille sur des lignes diagonales.
Sophie Taeuber-Arp fut très proche du mouvement De Stijl et de Van Doesburg, avec qui elle collaborera pour la décoration de l'Aubette.
En Russie, lors d'un exposition en 1915, le peintre Kasimir Malevitch, après être passé par une formation de dessin technique et avoir peint dans de nombreux styles (réalisme, fauvisme, cubisme, futurisme...), présente des tableaux d'un genre radicale qu'il nomme suprématisme.
Exposition 0,10 de 1915 avec des oeuvres de Malevitch, dont le célèbre carré noir sur fond blanc dans un angle
Inspiré par la simplicité des peintures d'icône byzantine, Malevitch ira au bout de la possibilité de l'abstraction avec le premier monochrome carré blanc sur fond blanc avec de revenir vers une peinture plus figurative mais toujours géométrique.
MALEVITCH, carré blanc sur fond blanc, 1918
"Le suprématismeest le sémaphore de la couleurdans l'illimité. J'ai débouchédans le blanc, camaradesaviateurs, voguez à ma suitedans l'espacesansfin."
Kazimir Malevich, Femme au râteau, 1930
L'historien de l'Art est un des premier à placer Sophie Taeuber-Arp parmi les pionniers de l'abstraction. Né en suisse elle va contribuer à l'invention et la diffusion du mouvement Dada à Zurich avec son futur mari Jean Arp, allemand fuyant les prémices de la première guerre mondiale.
Sa formation aux Arts Appliqués, son rejet de la peinture à l'huile bourgeoise au profit de l'aquarelle, du collage, de la tapisserie, son intérêt pour le hasard et les travaux collectif, vont faire naître des Oeuvres d'Art qui vont traverser tous les courants de l'abstraction: Dadaïsme, surréalisme, fonctionnalisme...
Sophie Taeuber-Arp, Formes élémentaires en composition verticale-horizontale, 1917, gouache, (29 x 24 cm). Stiftung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V., Rolandswerth, inv. 003.550 (artwork in the public domain; photograph provided by Stiftung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp)
Sophie Taeuber-Arp, Composition en taches quadrangulaires, polychromes, denses, 1921,gouache, (26 x 35 cm). Stiftung Hans Arp und Sophie Taeuber Arp e.V., inv. 003.121 (artwork in the public domain; photograph provided by Stiftung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp)
Jean Arp et Sophie Taeuber Arp,Duo-Collage, 1918
Les carrés de papier sont découpés au massicot et collé de façon aléatoire pour réduire au minimum l'intervention de l'artiste
On constate que Sophie Taeuber-Arp passe très facilement d'une abstraction organique, vive, coloré, amusante et lyrique à une abstraction géométrique pouvant aller jusqu'à l'austérité.
Sophie Taeuber-Arp, Tapisserie Dada, composition à triangle, rectangles et partie d'anneaux, 1916, tapisserie, laine, 41 x 41 cm OEUVRE AU PROGRAMME. Un tableau de petit format qui rejette la peinture à l'huile et propose des ponts avec les Arts Appliqués qui est la formation de Sophie Taeuber.
Sophie Taeuber-Arp, Composition avec cercles et demi-cercles, 1935
D'autres artistes importants vont contribuer à la naissance de la peinture abstraite. Jean Arp et ses tableaux reliefs, sculptures plates sans cadres, Frantiseck Kupka, peintre médiumnique autrichien, ou Sonia Delauney, amie proche de Sophie Taeuber qui va s'éloigner progressivement de la figuration cubiste. Certains cubistes iront très près d'une certaine forme d'abstraction mais gardent toujours la référence au réel. Le tableau Ma jolie de Pablo Picasso est peut être la toile qui s'éloigne le plus de son référent, mais l'artiste ne franchira jamais cette ligne.
Jean Arp, Relief concret, 1916-1923, bois découpé et peint.
Le mari de Sophie Taeuber fait des bas-relief en bois peint dans une abstraction organique qui s'inspire des formes de la nature. IL n'y a plus de cadre dans ces travaux aléatoires
Jean Arp, Portrait de Tristan Tzara, 1916, bous découpé et peint
Ce tableau est intéressant sur la question de la REPRESENTATION car il propose un portrait abstrait ce qui peux sembler antinomique
Frantisek Kupka, Vertical Plains Blue and Red, 1913
Sonia Delaunay, Prismes électriques, 1914, huile sur toile, 250 x 250 cm, Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
Pablo Picasso, Ma Jolie, 1911 Le tableau le proche de la manière abstraite de l'artiste qui s’intéressait beaucoup aux nouvelles manières de peindre
Depuis le 1er Octobre, une loi impose en France d'indiquer la mention "Photo retouchée" pour les images de publicité ayant recours à Photoshop.
Un manière de lutter contre la pression psychologique qu'exerce certaines images de modes dans l'idée d'une certaine forme de perfection du corps totalement artificielle et qui peux entraîner vers l'anorexie ou la chirurgie.
Certaines marques ont déjà fait le choix de ne pas retoucher leurs images
Plusieurs clip vidéo nous montrent comment les images sont manipulées sur Photoshop pour fabriquer d'étranges chimères qui deviennent la norme des canons de beauté.
Si vous trouvez la réponse à cette énigme avant vendredi prochain, vous gagnez un point bonus sur le prochain travail.
Laissez votre réponse en commentaire de ce poste avec votre prénom, la premier lettre de votre nom et votre classe (exemple: Pablo P. 6H).Tous les commentaires et la réponse seront publiés vendredi prochain.
Avec le cœur de quel roi de France l’artiste Martin Drolling a t'il fabriqué le pigment rouge de cet intérieur de cuisine visible au musée du Louvre ?
Suite à la présentation des 3 artistes au programme, les élèves devaient inventer un logo. La typographie, la forme, les couleurs et les éléments graphiques éventuels du design devaient être inspiré par les œuvres respectives.
Les documents suivants ont été présentés pour inspirer les élèves
"Aux environs de 1560, à Maser, les frères Barbaro, une des plus grandes familles de Venise, demandent à l'architecte Andrea Palladio de leur construire une maison de campagne et au peintre Véronèse d'en décorer les murs. Ancien tailleur de pierre, l'architecte invente un nouveau type de résidence rurale, moitié palais, moitié ferme. La villa palladienne est une révolution. Pour la première fois, la grande architecture se préoccupe de fonctions et d'habitat, cherchant à lier le beau et l'utile, la colonne de temple et la grange..." (Source Arte vidéo)
Au rez-de-chaussé se trouvent les parties fonctionnelles, cuisines, écuries, chambres des domestiques et à l'étage un palais en miniature avec salle de réception et chambres luxueuses.
La forme de la villa est d'inspiration antique avec ses colonnes et son fronton en façade mais les matériaux sont plus bon marché que le marbre des palais: de la brique et du stuc.
La forme que diffuse Palladio dans toute l'Italie, grâce à ses traités d'architectures où reproduit des plans précis, reste célèbre sous le nom d'architecture palladienne et sera largement utilisé jusqu'à aujourd'hui. Le maison blanche aux États-Unis en est un exemple typique.
Axonométrie et vue de l'intérieur de la partie centrale du premier étage
Dessin de la façade
Plan des volumes
Le plan par Palladio dans son traité d'architecture
Quelques maquettes de la villa trouvées sur internet
Peter Eisenman and Matthew Roman, Villa Barbaro Maser Model, 2012
L'Aubette
"En 1765, Louis XV confie la modernisation de Strasbourg à l’architecte Jacques-François Blondel (1705-1774). Les nouveaux plans d’aménagement qu’il conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux. Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé. Le bâtiment a une vocation militaire ; il abrite un corps de garde, la Chambre des logements militaires ainsi que la Chambre de la Maréchaussée. L’ensemble est désigné "Aubette" en raison des relèves de la garde militaire qui s’effectuent chaque jour à l’aube devant le bâtiment.
Capture d'écran de la place Kleber à Strasbourg où se trouve l'Aubette (bâtiment de droite)
À partir du milieu du XIXe siècle, les usages du bâtiment se diversifient. Si une partie de l’ensemble est toujours consacrée aux instances militaires, une autre s’ouvre au commerce et aux loisirs. Un café est installé au rez-de-chaussée en 1845. À partir de 1869, le Musée municipal de peinture trouve sa place au 1er étage. Le bâtiment est lourdement touché par un bombardement issu du conflit franco-prussien dans la nuit du 24 août 1870. L’incendie qui se déclare ruine la majeure partie des collections du musée. Le bâtiment est réhabilité entre 1873 et 1875. Les principales modifications sont réalisées dans la partie supérieure de l’ouvrage. L’aile gauche de l’Aubette abrite désormais le conservatoire de musique ainsi qu’une salle de concert.
En 1922, les frères Horn, promoteurs immobiliers, sollicitent la ville de Strasbourg pour obtenir un bail pour l’aile droite de l’Aubette. Leur projet est d’y installer un important complexe de loisirs sur 4 niveaux. En 1926, ils confient l’aménagement intérieur du complexe de loisirs aux artistes Sophie Taeuber-Arp et Jean Arp qui s’associent au peintre et architecte Theo Van Doesburg. En concevant les décors, le mobilier ainsi que la typographie, les trois artistes entendent créer une "œuvre d’art totale" et réalisent ainsi une œuvre majeure du modernisme." (source musées de Strasbourg)
Dessin de la façade de l'Aubette Bureau Municipal d'Architecture — Ad Petersen (ed.; 1968) De Stijl [deel] 2. 1921_1932. Complete Reprint 1968, Amsterdam: Athenaeum, Den Haag: Bert Bakker, Amsterdam: Polak & Van Gennep, p. 610
Plan
Théo Van Doesburg, Projet pour l'Aubette, 1926-1928, Plan du premier étage, 1927,
Gouache, encre de Chine et mine graphite sur plan d'architecte, 49,4 x 94,2 cm