vendredi 20 mars 2026

Jeu point Bonus du 20 au 27 Mars 2026

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dimanche 15 mars 2026

Jeu point bonus du 13 au 20 Mars 2026

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jeudi 12 mars 2026

Art et société de consommation

Au XVIIIe siècle, Venise, carrefour commercial et culturel entre l’Europe et l’Orient, devient le théâtre d’une transformation majeure : l’émergence d’un marché de l’art moderne, porté par la demande des « Grand Touristes » européens. Parmi ces artistes, Canaletto (1697–1768) incarne parfaitement cette époque charnière. Ses vues précises et lumineuses de Venise, destinées à une clientèle aristocratique ou bourgeoise en quête de souvenirs pittoresques, ne sont pas seulement des chefs-d’œuvre picturaux, mais aussi des produits de luxe, standardisés et exportables.
Canaletto et ses contemporains (comme Francesco Guardi ou Giovanni Battista Tiepolo) répondent à une demande croissante de paysages urbains, de scènes de genre et de portraits, alimentée par le phénomène du Grand Tour. Ces œuvres, souvent reproduites en série par des ateliers, deviennent des biens de consommation, échangés à travers l’Europe. Elles reflètent ainsi les prémices de la globalisation culturelle : Venise, grâce à son port et à son prestige, exporte son image comme une marchandise, tout en important des influences artistiques et des capitaux étrangers.

Canaletto, The Bacino di San Marco on Ascension Day, 1733-34, oil on canvas

Le XVIIIe siècle voit naître les premières structures du marché de l’art moderne : galeries, marchands spécialisés, ventes aux enchères (comme celles organisées à Londres par Christie’s, fondée en 1766). Canaletto, en collaborant avec des intermédiaires comme le marchand Joseph Smith, illustre cette professionnalisation. Ses tableaux, vendus à des collectionneurs anglais, allemands ou russes, deviennent des placements financiers autant que des objets esthétiques. Cette période marque donc l’émergence d’un capitalisme artistique, où l’œuvre n’est plus seulement un objet de dévotion ou de prestige, mais aussi un investissement.

En représentant les canaux, les palais et les fêtes vénitiennes, Canaletto et ses pairs capturent une société en pleine transformation : l’essor du commerce international, la montée en puissance d’une bourgeoisie marchande, et la financiarisation de l’art. Leurs œuvres, à la fois documents historiques et produits de luxe, témoignent de l’avènement d’une économie mondialisée, où la culture devient une ressource et une monnaie d’échange.

La série des Port de Joseph Vernet, avec ses nombreuses reproduction gravées vendues sur le marché de l'Art, s'inscrit pleinement dans cette tradition.

Joseph Vernet, Ville et la rade de Toulon1756


Au début du XXième siècle les artistes commencent à représenter massivement le monde urbain en expansion et la société industrielle. Les avant-gardes s'amusent aussi à intégrer des éléments issu du réel, par le collage puis l'assemblage. Avec l'invention du ready-made en 1917 par Marcel Duchamp, l'objet quotidien, industriel, change de statut et deviens oeuvre d'Art par simple dénomination de l'Artiste.


Tamara De Lampicka, Autoportrait, 1929

Robert Delauney, La tour Eiffel Rouge, 1911

  

Fernand Léger, Les constructeurs (Contrastes, 1959), 1951
49 x 34,5 cm © ADAGP, 2020




Pablo Picasso, Nature morte à la chaise cannée, 1912
huile et toile cirée sur toile encadrée de corde, 29x37 cm,
Paris, musée national Picasso Paris © Succession Picasso 2018


Raoul Hausmann (1886-1971), Mechanischer Kopf – Der Geist Unserer Zeit (Tête mécanique – L’esprit de notre temps, l’esprit de chacun dans son état rudimentaire) , 1919
Marotte de coiffeur en bois et divers objets fixés dessus : gobelet télescopique, étui en cuir, tuyau de pipe, carton blanc portant le chiffre 22, morceau de mètre de couturière, double décimètre, rouage de montre et rouleau de caractère d’imprimerie.
Inscriptions : MO. côté droit : RH. Dim. : 32,5 x 21 x 20 cm. Achat, 1974. Inv. : AM 1974-6. © Service de la documentation photographique du MNAM – Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP. © Adagp, Paris.




Hannah Hoch, Cut with the Kitchen Knife Through the Beer-Belly of the Weimar Republic, 1919



Marcel Duchamp, Fontaine, 1917
Signé Richard Mutt et proposé au premier Salon de New-York
Photographie d'Alfred Stieglitz pour le revue the Blind Man, devant un tableau de Marsden Hartley représentant des combattants (The Warriors, 1913) alors que les États-Unis viennent d'entrer en guerre au nom du combat pour la démocratie. Ce document photographique constitue à ce jour la seule trace de « l'objet d'exposition refusé par les Indépendants » lors de l'exposition de 1917.
Duchamp fait parti du comité d'organisation et la proposition, qui fait événement, pose la question de l'oeuvre d'Art.



Le Pop Art britannique, né au milieu des années 1950 avec des artistes comme Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi, s’inspire de la culture populaire, mais avec une distance critique et ironique. Il puise dans les médias de masse, la publicité et la technologie, reflétant une société en pleine reconstruction après-guerre. L’œuvre emblématique de Hamilton, « Just What Is It That Makes Today’s Homes So Different, So Appealing? » (1956), illustre cette fascination pour l’abondance et la standardisation, tout en interrogeant les nouvelles normes sociales.

Richard Hamilton, Just What is It That Makes Today’s Homes So Different, so Appealing?, 1956
collage, 26 cm × 24.8 cm (Kunsthalle Tübingen, Tübingen)

Aux États-Unis, le Pop Art, incarné par Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Claes Oldenburg, adopte un ton plus direct et spectaculaire. Il célèbre et critique à la fois la société de consommation, en reproduisant des objets du quotidien (boîtes de soupe, bouteilles de Coca-Cola) ou des icônes médiatiques (Marilyn Monroe). Warhol, avec ses sérigraphies, met en lumière la déshumanisation et la répétition, caractéristiques de la culture de masse américaine.


Andy Warhol, 32 Campbell’s Soup Cans, 1962 
Présentées comme une série de tableaux identiques, alignés à la manière des rayons d’un supermarché, ces œuvres illustrent la standardisation de la société de consommation et la répétition mécanique de la production de masse. Warhol, en choisissant un produit industriel et universel, efface la frontière entre art et marchandise, tout en interrogeant la valeur esthétique et symbolique des objets les plus ordinaires. Cette série marque un tournant dans l’histoire de l’art, où le banal devient sublime, et où l’artiste se fait le miroir – et le critique – d’une culture obsédée par la consommation.

Andy Warhol, Green Coca-Cola Bottles, 1962

Plus tard Andy Warhol adopte la sérigraphie, une technique d’impression mécanique jusqu’alors réservée à la publicité et à l’industrie. Ce choix n’est pas anodin : il permet à Warhol de reproduire à l’identique des images, mimant ainsi les processus de production de masse qui caractérisent la société américaine des années 1960. La sérigraphie, avec ses contours nets et ses aplats de couleur, efface la trace de la main de l’artiste, soulignant l’idée de standardisation et de déshumanisation de l’art. En utilisant cette technique, Warhol transforme son atelier en une véritable « usine » de production d’images – la célèbre Factory – et brouille les frontières entre création artistique et fabrication industrielle. En somme, Warhol ne se contente pas de représenter la société de consommation, il en adopte les méthodes pour mieux en exposer les mécanismes.


Roy LichtensteinInterior with Mirrored Wall, 1963

Claes Oldenburg, Floor Burger, 1962,
Art Gallery of Ontario, Toronto


Martha RoslerCargo Cult, de la série Body Beautiful, or Beauty Knows No Pain, vers 1967-1972,
photomontage, Courtesy de l’artiste, Galerie Nagel Draxler Cologne/Berlin et Mitchell-Innes & Nash, NY


En France, le Nouveau Réalisme, fondé en 1960 par Pierre Restany et Yves Klein, se distingue par son approche plus matérielle et poétique. Les artistes comme Arman, César ou Daniel Spoerri utilisent des objets réels (compressions, accumulations, assemblages) pour créer des œuvres qui interrogent la réalité et la consommation. Contrairement au Pop Art, le Nouveau Réalisme insiste sur la trace, la mémoire et la transformation des objets, plutôt que sur leur image.


Arman, accumulation d'aspirateur


L'Art contemporain utilise d'avantage l'humour et la dérision pour questionner la société de consommation et le marché de l'Art.

Présence Panchounette, L'art à tout casser, 1990


Bertrand Lavier, sans titre 2012,
une oeuvre de Calder sur un radiateur Calder 
© Arnaud Delubac



Barbara Kruger, I shop therefore I am, 1987, 
installation view, Hirshhorn Museum, photo: CC BY 2.0  by krossbow





Damien Hirst, For the Love of God, 2007
Il s’agit d’un crâne humain en platine, moulé à partir d’un crâne humain du XVIIIe siècle et recouvert de 8 601 diamants, dont un diamant rose de 52,4 carats incrusté sur le front. L’œuvre, inspirée par les vanités et la fascination pour la mort, interroge la valeur, la beauté et la marchandisation de l’art dans une société obsédée par le luxe et la consommation. Hirst pousse à l’extrême la logique de la valeur marchande en transformant un symbole de mortalité en objet de désir absolu, recouvert de diamants, matériaux ultimes du luxe et du capital. L’œuvre, estimée à 50 millions de livres sterling, questionne la frontière entre art et marchandise, entre valeur symbolique et valeur économique.


Wim Delvoye, Cloaca, 1997–2000
Il s’agit d’une machine complexe, conçue pour reproduire le processus de digestion humaine, transformant de la nourriture en excréments de manière mécanique et chimique. L’œuvre est souvent présentée comme une critique provocante de la société de consommation, de l’industrialisation du corps et de la marchandisation de l’art. Delvoye interroge notre rapport à la nourriture, à la surconsommation et à la transformation des produits en déchets. De grand cuisiniers sont parfois invité pour alimenter la machine. Le résultat final, des excréments artificiels, est parfois même vendu comme œuvre d’art, entre 6 000 et 15 000 euros. L'artiste a même émis des "obligations" de la société fictive "Cloaca absl" comme une parodie du système capitaliste, critiquant ainsi la marchandisation de l’art et la société de consommation. 



 Larva Labs studio, Cryptopunks, 2017
Générés par algorithme à partir de traits prédéterminés, les 9999 CryptoPunks, tous uniques, sont des jalons importants de l'apparition de la technologie NFT et de sa diffusion comme moyen de commercialisation d'œuvres numériques. Initialement gratuits, ils ont notamment joué un rôle essentiel dans la mise en place de la norme ERC-721, un standard de NFT qui a contribué au succès de cette technologie.



Sources:

Art et consommation https://artetconsommationblog.wordpress.com/

Richard Hamilton et le design dinterieur (en anglais) https://brewminate.com/richard-hamilton-home-decor-and-art-in-the-1950s/

Warhol et les soupes cambells https://www.singulart.com/blog/fr/2024/07/09/boites-de-soupe-campbells-par-andy-warhol/?srsltid=AfmBOoqV2EqHPZndGGRl5_TSCtmJfoL2CXsS71-cnvphlvfKxuvoMRXl


Martha Rosler https://awarewomenartists.com/artiste/martha-rosler/


vendredi 6 mars 2026

Jeu point Bonus du 06 au 13 Mars 2026

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dimanche 1 mars 2026

Andreas Gursky, 99 cent

 99 Cent est une photographie monumentale (207 × 337 cm) réalisée par Andreas Gursky en 1999. L’image représente l’intérieur d’un supermarché discount, où des rayonnages remplis de produits bon marché s’étendent à perte de vue. Les couleurs vives des emballages, les répétitions de motifs et la perspective vertigineuse créent une impression d’abondance, voire de saturation visuelle. 

Gursky utilise une technique de montage numérique pour accentuer la symétrie et l’effet de masse, transformant un lieu banal en une composition presque abstraite.


L’histoire des magasins "99 Cents Only Stores" commence dans les années 1960 à Los Angeles. Le fondateur, Dave Gold, hérite d’un petit magasin de spiritueux dans le centre-ville et décide de tester un concept innovant : vendre des bouteilles de vin à 99 cents. Le succès est immédiat, et Gold comprend que le prix psychologique de 99 cents attire massivement les clients. En 1982, il ouvre officiellement le premier "99 Cents Only Store" sur La Tijera Boulevard à Los Angeles. Le principe est simple : tous les produits sont vendus à 99 cents ou moins, une stratégie qui se révèle révolutionnaire dans le paysage commercial américain de l’époque. A l'inauguration du premier magasin, les premiers clients avaient la possibilité d'acheter un téléviseur pour moins d'un dollar, ce qui à eu pour effet de créer une grande file d'acheteurs avant l'ouverture.



Les années 1980 et 1990 voient un essor fulgurant de ces magasins, porté par un contexte économique marqué par l’inflation, la stagnation des salaires et l’accroissement des inégalités. Les "99 Cents Only Stores" répondent à un besoin croissant de produits abordables, attirant une clientèle variée, des familles modestes aux chasseurs de bonnes affaires. Le concept se distingue par la qualité des produits proposés, souvent des marques connues, et par une organisation soignée des rayons, loin de l’image de "dépotoir" associée aux premiers dollar stores. À son apogée, la chaîne compte plus de 370 magasins, principalement en Californie, mais aussi en Arizona, au Texas et au Nevada.

Dave Gold, le fondateur des magasins 99 cents Only Store

Au fil des années, le modèle économique est mis à mal par plusieurs facteurs : la hausse des coûts, l’inflation, la concurrence accrue des autres enseignes de discount (comme Dollar Tree ou Dollar General), et les conséquences de la pandémie. En 2007, face à la hausse des prix, la chaîne est contrainte d’augmenter légèrement ses tarifs, passant de 99 cents à 99,99 cents, puis introduisant des produits à 1,99, 2, 99. Malgré ces ajustements, l’identité de la marque reste associée à l’idée de produits à 99 cents.

En avril 2024, après plus de quarante ans d’existence, "99 Cents Only Stores" annonce la fermeture définitive de ses 371 magasins et le licenciement de ses 14 000 employés. Les raisons invoquées sont multiples : difficultés financières, pression des fournisseurs, retard dans le paiement des loyers, et un environnement commercial de plus en plus concurrentiel. La liquidation des stocks commence dès avril 2024, marquant la fin d’une ère pour cette enseigne emblématique. C'est d'ailleurs en 2024 qu'Andreas Gursky fait 6 nouveaux tirage de son œuvre emblématique devenu un symbole de la surconsommation ou de l'American Way Of Life, en fonction des points de vues. 

The American Way of Life - Made for the US Bicentennial celebrations, 1975


Gursky s’inscrit dans la tradition de la photographie conceptuelle et de l’art contemporain, où l’image devient un outil de réflexion sur le monde moderne. 99 Cent peut être rapproché des œuvres de ses professeurs Bernd et Hilla Becher, où la répétition et la sérialité sont utilisées pour révéler des structures sociales et économiques. L’œuvre invite à une lecture critique de notre rapport aux objets, à la consommation de masse et à l’uniformisation des modes de vie.

La palette chromatique est dominée par des couleurs vives et saturées : rouges, jaunes, bleus, verts, typiques des emballages industriels. Ces couleurs, souvent criardes, attirent l’œil et créent un contraste saisissant avec les tons plus neutres des murs et des colonnes. La lumière est uniforme, artificielle, sans ombre marquée, ce qui accentue l’aspect clinquant et artificiel des produits. Le mur du fond repète l'enseigne 99 cents comme un motif.

Gursky utilise la répétition comme principe structurant : les mêmes produits, les mêmes emballages, les mêmes motifs se répètent à l’infini, créant un rythme visuel hypnotique. Cette répétition évoque la standardisation de la production de masse et l’uniformisation des modes de consommation. Certains motifs (comme les cercles, les bandes, les logos) deviennent presque abstraits, transformant l’image en une mosaïque de formes et de couleurs. Quelques humains sont présents mais comme noyés dans la masse de produit. La grandeur du format du tirage noie aussi le spectateur et l'image se fait écrasante. 


Contrairement à une photographie traditionnelle, 99 Cent est le résultat d’un montage numérique complexe. Gursky a combiné plusieurs prises de vue pour créer une image impossible à capturer en une seule fois : les allées sont allongées, les produits multipliés, les perspectives exagérées. Ce traitement renforce l’effet de masse et de surabondance, tout en soulignant le caractère construit et artificiel de l’image.

détail de la photographie


Comme nous l'avons vu dans le cours précédant, le résultat du montage de nombreuse images en un tout cohérent, suivi de retouche pour créer un image "générique" d'une idée (et non pas qui documente un lieu de façon documentaire), va avoir tendance à écraser l'image, la rendre "plate" pour reprendre le terme d'Eric de Chassey, et déformer ou nier les perspectives. Il n'est pas possible de trouver un point de fuite en suivant les lignes de fuites et donc toute idée de ligne d'horizon serait factice. Cela contredit le principe même d'image photographique qui se construit sur le principe de la perspective monofocale qui correspond au point de vue d'un oeil unique (ou d'un objectif photographique) tel que l'ont théorisés Brunelleschi et Alberti au 15ième siècle, et qui ne correspond pas plus à la réalité visuelle (avec deux yeux) que la grande netteté de la proposition de Gursky.

En ce sens Gursky affirme que toute image, même artificielle, est une illusion et que la réalité doit être reconstruite. 


L’effet global est à la fois fascinant et étouffant. Le spectateur est plongé dans un univers où l’abondance matérielle semble infinie, mais où l’individualité et la singularité disparaissent. L’œuvre interroge ainsi les mécanismes de la société de consommation : la surabondance, la standardisation, l’aliénation du consommateur, et la beauté paradoxale de l’esthétique industrielle.

Nous avons vu dans le cours précédent que le travail d'Andreas Gursky donne une visibilité concrète, par la création d'image générique, à des systèmes, économique, industriels, culturels, qui ont un impact in fine sur les modes de vies humaines.

Détail de la photographie

Cette photographie est emblématique du travail d'Andreas Gursky. "Ironiquement, cette image d'Andreas Gursky, représentant un supermarché aux "bonnes affaires" (tout à 99 cents), se classe au 5ème rang des photographies les plus chères au monde. Elle acquit ce titre lors d'une vente publique le 7 février 2007, où elle a été adjugée pour 3,34 millions de dollars. La vente d'un autre tirage à New York en mai 2006 a rapporté 2,25 millions, et un troisième tirage a été vendu 2,48 millions par une galerie new-yorkaise en novembre de la même année." (source https://lesphotographes.org/fr/magazine/une-des-photographies-les-plus-cheres-au-monde ). C'est qu'avec son tirage grand format et l'utilisation de la technique du diasec (contre-collage chimique sur Plexiglas monté sur aluminium) (voir cours précédent), Gursky crée un véritable objet d'Art, avec un poids, une présence, une façon de réagir à la lumière, et qui va donc exister sur le marché de l'Art en tant que produit (Un produit désigne un bien ou un service qui est déterminé et vendu sur le marché). En ce sens il s'éloigne de la photographie documentaire et commerciale dont il reprends les codes mais dont le mode de diffusion passe d'avantage par la reproduction papier (journaux, magasine, affiche ou tirage moyen formats pour des expositions).



On peux donc affirmer utilise la forme de la documentation du réel pour l'augmenter. 
Comme Gursky l’explique: « La réalité ne peut être montrée qu’en la construisant. Paradoxalement, le montage et la manipulation nous amènent plus près de la vérité. »

Quelques œuvres d'Arts qui peuvent faire écho dans l'image 99 cent:

Piet Mondrian, New-York City, 1942
Huile sur toile
MNAM Paris



Jackson Pollock, Convergence number 10, 1952



 Gerhard Richter , 1024 Farben (350-3), 1973
Laque sur toile,
 254 x 478 cm epaisseur 5cm
Pour 1024 Farben (350-3), il met au point « un système qui, partant des trois couleurs élémentaires et du gris, [lui permet] d'obtenir des teintes et nuances de plus en plus subtiles ». Le choix du facteur multiplicateur 4 est « en relation avec les dimensions du tableau, la taille des champs et leur nombre ». Pour l'artiste, l'effet d'ensemble qui naît du hasard régissant la répartition des couleurs ouvre sur l'infini.

Viviane Maier, Autoportrait, non daté (années 50/60)

Steve McCurry, Blue City, Jodhpur, India (2010)